Construction déconstruction reconstruction | projet

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CONSTRUCTION DECONSTRUCTION RECONSTRUCTION
(UNE RESIDENCE A SAINT-BRIEUC, AU QUARTIER DIT DU POINT DU JOUR, 2015-2016)

« Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?
Comment parler de ces » choses communes « , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes. » (Georges Perec, l’infra-ordinaire)
« De tout cela, qui est toujours à l’œuvre sous le décor parfois bouleversé d’aujourd’hui, un promeneur peut se rendre compte : captive et captivante est la façon selon laquelle le passé se filtre continûment dans e présent, sans même que celui-ci le sache. Il ne s’agit pas là –ai-je besoin de le dire ?- de patrimoine, c’est tout le contraire : quelque chose de flottant, comme l’esprit des rivières, quelque chose de discret et d’insituable, qui pourtant irradie une contrée et parfois s’y dépose : le long des routes ou des rues, sur un pré en pente d’où la brume s’évade ou dans une ruelle brusquement descendue. Et pas forcément, on s’en doute, là où c’est annoncé. » (Jean-Christophe Bailly, Le dépaysement, 2011, éditions du Seuil).

GUENAËL BOUTOUILLET / HTTPS://MATERIAUCOMPOSITE.WORDPRESS.COM

Qui je suis

Je suis auteur, critique, enseignant, éditeur sur le web de nombreux textes d’écrivains contemporains, que j’ai l’habitude d’accompagner en intervention et dans le champ numérique :
De 1998 à 2008, j’ai participé à la fondation et au développement de la Maison Gueffier, centre de ressources en pays-de-la Loire, lieu d’accueil d’écrivains et des publics, autour d’événements et d’ateliers d’écriture. Sous statut indépendant depuis 2009, je reçois et interviewe de nombreux auteurs en médiathèques, dans des festivals, ou des soirées imaginées pour et avec remue.net : elles rejoignent les critiques littéraires que je produis sur mon site – ainsi, depuis les premiers mois de 2015, peut-on y découvrir Camille de Toledo, Mathias Enard, Emmanuelle Pagano, Sylvain Prudhomme au fil des entretiens que j’ai menés avec eux. Et parcourant les archives des années précédentes, y écouter Maylis de Kerangal, Arno Bertina, Thierry Beinstingel…
Sur remue.net, revue fondée par François Bon en 1997 – ce qui en fait une des places pionnières de la littérature sur internet -, animée par un collectif depuis 2002, je suis co-responsable, depuis 2010, des pages consacrées à l’accueil des auteurs en résidence en région Ile-de-France : chaque jour nous y publions des témoignages, réflexions, productions d’ateliers, créations des écrivains concernés, sous forme multimedia (textes, images, et sons). Ce sont des dizaines d’auteurs contemporains que j’ai ainsi accompagnés et édités sur le web. Pour Ciclic, agence du livre et de l’image de la Région Centre, outre de produire des articles de réflexion sur les auteurs et éditeurs actifs en ces territoires, j’ai été rédacteur en chef du site et réseau social livreaucentre.fr, entre 2010 et 2012. C’est dans ce contexte que j’ai conçu et édité pour Arno Bertina le blog de résidence https://sebecorochambord.wordpress.com/, devenu un livre par la suite).
J’anime depuis de nombreuses années des ateliers d’écriture (ayant été formé à l’exercice par Cathie Barreau, maintenant responsable de la Maison Julien-Gracq à Saint-Florent-le –Vieil), majoritairement en environnement numérique, depuis plusieurs années.
Ces différentes palettes peuvent se conjuguer pour constituer un bel outil de recensement, production, médiation en résidence dans ce quartier de Saint-Brieuc.

QUE FAIRE (ECRIRE, FAIRE ECRIRE, PUBLIER – POUR ENCORE ECRIRE ET FAIRE ECRIRE)
Mon projet en résidence est nécessairement pluriel. J’entends y mener des ateliers d’écriture et de parole, en me servant de l’outil numérique comme accélérateur autant que comme réceptacle des traces.
Les lieux habités, quittés ou traversés, m’intéressent, ils sont une source inépuisable de création, d’énonciation, de fiction. L’inventaire du monde environnement, et de nos usages dans et de ce monde environnant, en écho à ce merveilleux texte cité plus haut de Georges Perec, l’infra-ordinaire, est un axe majeur, voire une matrice, des ateliers que je conçois sur le web. Observer le monde en son détail ou l’observer en passant, observer l’usage qu’on en a, qu’on en fait. Se souvenir et inventer. Ceci se fait mieux encore à plusieurs – et à cet endroit le fait même d’être en atelier, multipliant les manières de voir, qu’il s’agisse des mêmes objets ou décors ou non, en même temps que multipliant le nombre des choses vues ; produit du sens dans une multiplicité de directions.
Ce quartier est habité, ce quartier est traversé – je pense ici en particulier à la zone commerciale, située en quasi-périphérie de l’agglomération, lieu où les travailleurs briochins résidant extra-muros « ricochent » pour faire une course en quittant le centre-ville. Les zones commerciales, matériau ordinaire et tellement partagé, sont une source d’intérêts convergents pour la littérature contemporaine parmi la plus vive (pensons aux travaux sur la Suburbia du philosophe Bruce Begout, ou de l’anthropoloque-écrivain Eric Chauvier ; aux explorations de rond-points de François Bon ; ou aux explorations urbaines improbables de Philippe Vasset…). D’y interroger les passants, usagers, comme les travailleurs du lieu, selon des modes d’interrogation simples (passant par des inventaires, d’usages et d’habitudes), sera pour moi une source de matériaux extrêmement riche.
Le présent blog,  conçu spécialement pour cette résidence, sera alimenté par :
des textes produits en ateliers d’écriture,
des enregistrements audio (l’entretien est aussi une manière de récolte exploitable),
des entretiens avec les écrivains invités dans le cadre de cette résidence ; enfin par une production personnelle,
des journaux de bord et des chroniques de livres lus (ou relus) sur place (photographiés en situation).
Ce blog sera à la fois le lieu d’atelier, partagé, où faire écrire (et ainsi former à l’usage des outils de production et de publication numériques) ; le lieu de l’inscription, à la fois immédiate et pérenne – et donc, outil d’échange, de communication, de valorisation de l’expérience collectivement menée.
INTERACTIONS : INTERROGER L’AUTRE ET LES ECRIVAINS D’AUJOURD’HUI
Je suis un auteur-lecteur : médiateur du livre, de la littérature d’aujourd’hui, par et avec le numérique, et ne saurais me départir de ce goût et de cet appétit à interroger l’autre – interroger les individus rencontrés durant les temps d’échange et d’atelier programmés, mais aussi interroger des écrivains, les accueillir dans un atelier co-animé puis dans un temps d’échange public autour de leur œuvre.

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