Archives pour la catégorie à l’ORB (office des retraités briochins)

Séance 3 – refaire la ville avec des livres

 

Sont donnés à lire (publiés sur le blog), ces fragments (voir ci-dessous) de description urbaines issues de trois livres : Saint-Nazaire, par Julia Deck,dans Le Triangle d’hiver, les éditions de Minuit, 2014 ; Lisbon, ville imaginée par Hélène Gaudy, dans Plein Hiver, 2014, Actes Sud ; Brest par Tanguy Viel, Paris-Brest, 2009, éditions de Minuit). Ces extraits sont offerts comme des réservoirs à contradiction, des lanceurs – en remplaçant les noms de ville effacés par « Saint-Brieuc », contredire ou confirmer, et détailler : une autre description se fonde, un autre texte. L’emprunt aux auteurs permet d’écrire autre chose (c’est ce qu’on appelle aussi, en littérature, l’intertextualité).

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Les textes des participants sont à lire ici.

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3livres

Le réservoir : les textes-source

 

« L’océan ne se découvre pas d’emblée à XXX. (…)

Version démesurée d’un bunker de la Deuxième Guerre, le monolithe présente l’architecture aveugle des constructions généralement réservées aux mauvais rêves ou à la science-fiction, de sorte qu’on n’accepte pas volonté sa réalité. Il oblige le passant à stopper net, provoque chez lui le même mélange d’attrait et d’effroi pour les choses très grandes, très hautes – une falaise, un précipice (un super postpanamax, dira l’inspecteur).

Une ouverture percée dans la façade conduit à l’intérieur du bunker, qui de ce point de vue évoque plutôt les attributs d’une cathédrale – l’obscurité noyant les volumes, hauteur sous voûte, parfum de caverne. A son extrémité opposée, la structure ouvre sur un bassin à l’air libre. Un long cargo noir défile placidement vers le pont levant, qui s’oriente à la verticale pour le rendre au large. Une fois qu’il a passé l »écluse, elle revient sur l’esplanade et grime la rampe d’accès au toit. Ici le regard survole toutes les installations portuaires pour jouir d’une vue panoramique sur le fleuve et l’océan. C’est un enchevêtrement de tôles et portiques, entrepôts, phares, bouées, balises, de navires aussi, dont un paquebot en construction sous le soleil dans une cale sèche. »

 

 

« Il faut dire que XXX est une petite ville. Froide, le long de la route. Cernée par la verdure, les feuilles et les épines qui s’insinuent partout, comme si chaque maison devait gagner quelque chose sur l’avancée de la forêt. Certaines sont en bois peint. Blanc, bleu pâle, vert d’eau. Posées délicates à la lisière des bois, celles-là semblent avoir quelque chose comme une histoire, des fenêtres victoriennes et, sous de prétentieuses verrières, de minuscules jardins exotiques. Mais la plupart sont des blocs de béton brut qui forment, de part et d’autre de la rue principale, comme un long mur juste rompu, parfois, par une enseigne lumineuse. Leurs fenêtres sont éclairées même en plein jour parce qu’on sait les journées courtes, on connaît la tendance du ciel à s’assombrir trop tôt. L’été dure peu à XXX, disparaît sans prévenir, laissant le vague souvenir de journées moites, d’enfants sortis en tee-shirt, de glaces mangées à la va-vite sans que la chaleur ait le temps d’imprégner les murs, de tiédir les chambres.

(…)

L’un des maires, dans les années 1970, a même voulu y construire un tramway, mais le manque d’argent et surtout le peu d’envergure du terrain – la ville se traversait en voiture en un temps record d’une minute et quarante-trois secondes et presque personne ne pensait à la traverser à pied – l’ont vite persuadé de l’aspect purement décoratif du projet.

La route qui traverse XXX mène absolument partout à XXX. La ville possède peu de recoins, d’arrière-cours, d’impasses où couper des gorges, des chemins ombragés où se retrouvent les amoureux. Les distractions y sont rares. Il y a un cinéma drive-in en bordure de forêts, pris d’assaut par des bandes de jeunes venus de tout le comté qui s’entassent dans les voitures, les uns sur les autres et bien sûr ça se pelote, ça fume et ça picole de la mauvaise bière glacée, quand ce n’est pas une seringue qu’on trouve sur le bitume au petit matin, entre les roues des pick-up, quand les derniers spectateurs quittent le parking après avoir épuisé, malgré l’alcool et les étreintes, les dernières réserves de chaleur des corps.

(…)

On ne voyage pas à XXX. On y passe, sans s’arrêter. On y reste quand on y est né. »

 

« Il paraît, après la guerre, tandis que XXX était en ruines, qu’un architecte audacieux proposa, tant qu’à reconstruire, que tous les habitants puissent voir la mer : on aurait construit la ville en hémicycle, augmenté la hauteur des immeubles, avancé la ville au rebord de ses plages. En quelque sorte on aurait tout réinventé. On aurait tout réinventé, oui, s’il n’y avait pas eu quelques riches grincheux voulant récupérer leur bien, ou non pas leur bien puisque la ville était en cendres, mais l’emplacement de leur bien. Alors à XXX, comme à XXX, comme à XXX, on n’a rien réinventé du tout, seulement empilé les pierres sur des ruines enfouies. Quand on arrive à XXX, ce qu’on voit c’est la ville un peu blanche en arrière-fond du port, un peu lumineuse aussi, mais plate, cubique et aplatie, tranchée comme une pyramide aztèque par un coup de faux horizontal. Voilà la ville qu’on dit avec quelques autres la plus affreuse de France, à cause de cette reconstruction malhabile qui fait des courants d’air dans les rues, à cause d’une vocation balnéaire ratée (complètement ratée même, puisque la seule plage de la ville au fond de la rade se trouve là abandonnée, en contrebas de la quatre-voies tumultueuse qui désengorge la ville), à cause de la pluie souvent, de la pluie persistante que ne savent compenser les grandes lumières du ciel, de sorte que XXX ressemble au cerveau d’un marin, détaché du monde comme une presqu’île. »

 

 

 

là où je suis née

Quand on arrive à Saint-Brieuc, il faut traverser le Pont d’Armor. Ce dernier enjambe une jolie vallée qui descend jusqu’à la mer, c’est la Vallée de Gouédic. Ceci sur notre droite. Sur notre gauche, elle passe sous la voie de chemin de fer et va jusqu’à Brezillet.

L’océan ne se découvre pas d’emblée à Saint-Brieuc. Il faut prendre la route afin de descendre jusqu’au Port du Légué . De là, on peut voir  les bateaux de pêche qui reviennent, lorsque c’est la saison, chargés  de coquilles Saint-Jacques.

Saint-Brieuc est une ville moyenne, 46000 habitants au dernier recensement.  L’été  a  du mal à arriver,  mais souvent se prolonge, jusqu’à fin septembre, voire  début octobre.

Jusque dans les années 70, le passage obligé pour se rendre de Rennes à Brest  était de traverser Saint-Brieuc par la nationale 12. Lors des départs estivaux, les « bouchons »  étaient nombreux. Et puis il y a eu la construction du Viaduc du Légué, qui a permis à Saint-Brieuc de mieux respirer… Lorsque vous passez sur ce dernier, vous avez une vue magnifique sur la Baie de Saint-Brieuc. Baie très profonde et large, d’un point haut on peut voir de Saint-Quay-Portrieux au Val-André. Certains la préfère à mer basse, d’autres, comme moi, à mer haute. Celle-ci est propice à la pêche à pied lors de grandes marées, on peut trouver coques, moules, praires, crabes etc

L’un des Maire dans les années 70 a fait construire des Halles hideuses dans le centre historique.  A présent on parle de les « déconstruire ».

Marie-Annick

 

Ma ville d’adoption

Cernée par la verdure,  la ville  porte le nom  de cité des 3 vallées. Dans la vallée de Gouédic, les joggeurs courent en côtoyant des promeneurs avec leurs chiens. Dans la vallée du Gouet, des cavaliers se promènent  et les amateurs de canoé  se donnent rendez-vous au bord de la rivière du même nom. .La vallée du Douvenant,  est surtout cotoyée par les amateurs de pêche à la ligne qui s’exercent autour du petit étang…

Dans le quartier  des Villages, hameau à l’ouest de la cité marine, une plaine d’aventure a vu le jour sur une ancienne décharge sauvage mais son aspect si naturel nous laisse croire le contraire. Le Bois Boissel même s’il est artificiel est un soleil de verdure à proximité des lotissements qui sont sortis de terre. Accessible  pour tous les promeneurs à vélo, à pied et à cheval, c’est un lieu de rencontres, de plaisirs l’été avec son barbecue, un lieu de flânerie pour les âmes pensantes, un lieu calme pour les lecteurs.

Cet écrin de verdure qui monte et qui descend sépare les communes  de St-Brieuc et Plérin.

Saint-Brieuc est une petite ville. Froide par ses couleurs grises sur les bâtiments,par ses températures basses, par son manque de luminosité L’été dure peu à Saint-Brieuc, les beaux jours sont courts, et rares sont les journées pleinement ensoleillées.Les fenêtres sont éclairées même en plein jour dans les maisons basses du centre ville car les ouvertures sont étroites.

Aux Rosaires, plage principale des briochins et des plérinais , l’eau est plutôt froide et la plage orientée au nord n’arrange rien.Le bunker de la Deuxième Guerre  face à la mer sur le remblai laisse la trace d’une époque peu glorieuse. Les ronces se sont invitées à l’intérieur, de même que certains squatters parfois. Sur l’esplanade des Rosaires, tout l’été un spectacle le mercredi pour les enfants, des terrasses de café pour un petit rafraichissement. Une vue panoramique sur le large nous montre Binic à gauche et Pléneuf Val André à droite, et les bateaux sortant du port du Légué s’éloignant petit à petit de notre champs de vision  à l’horizon.

Le port est un enchevêtrement de bâtiments en rénovation, d’entrepôts pour les cargaisons,  de navires aussi en suspend qui attendent des réparations.

Un long cargo noir défile dans le couloir d’entrée du port du Légué.  Une fois qu’il a passé l’écluse, il me semble énorme dans ce goulet.  Au loin la mer mène sur le large. L’océan ne se découvre pas d’emblée à St-Brieuc, il faut aller le chercher dans la baie.

Annie

 

 

Quand on s’promène au bord de l’eau…

Quand on arrive à Saint-Brieuc par la RN 12, ce qu’on voit du viaduc, c’est la ville un peu grise en surplomb du port, un peu lumineuse aussi, quand le vent joue avec les nuages.  En contrebas de la quatre-voies tumultueuse qui désengorge la ville, les vallées obligent le passant à stopper net, provoquent chez lui le même mélange d’attrait et d’effroi pour les choses très grandes, très hautes – une falaise, un précipice. L’un des candidats à la mairie, dans les années 2010, a même envisagé d’y construire un funiculaire, pour relier le port au centre ville.  Audacieux, il rêvait que tous les habitants puissent voir la mer : on aurait construit la ville en hémicycle, échelonné la hauteur des immeubles, avancé la ville aux rebords de la baie. Car l’océan ne se découvre pas d’emblée à Saint-Brieuc ; quand il n’est pas au large,  il s’avance doucement dans l’entonnoir que lui présente la côte et se fait étroit pour trouver son chemin à travers les rives de vase jusqu’à l’écluse. A son extrémité opposée, la structure ouvre sur un bassin à l’air libre, où les bateaux de plaisance attendent les beaux jours.

Plus loin, la rivière est cernée par la verdure, les feuilles et les épines qui s’insinuent partout, et à travers le Bois Boissel, on aperçoit les toits, comme si chaque maison devait gagner quelque chose sur l’avancée de la forêt. Certaines sont en bois peint.  Quand on s’y promène, on peut facilement s’y perdre, l’obscurité noyant les volumes, hauteur sous voûte, parfum de caverne. Et comme toujours dans les lieux si vastes, on peut rencontrer des groupes, plus ou moins nombreux, les uns sur les autres et bien sûr ça se pelote, ça fume et ça picole de la mauvaise bière glacée.

Soizic

saint-brieuc

La route qui traverse Saint-Brieuc mène absolument partout à Saint-Brieuc.  Il faut dire que Saint-Brieuc est une petite ville. Froide, le long de la route. Cernée par la verdure, les feuilles et les bois de frênes, de chênes, de hêtres, la ville possède deux vallées propices aux promenades et au jogging.

De la quatre-voies, le regard survole le port de plaisance, Plérin, la mer au loin, pour jouir d’une vue panoramique sur la rivière.

Plus a l’ouest se devine les deux tours de l’Église saint Michel dont Louis Guilloux a si bien décrit  l’originalité.

Dans les arrière-cours de la rue commerçante Saint-Guillaume, les fenêtres sont éclairées même en plein jour parce que ces cours sont enclavées. Ce sont de vieux bâtiments datant du siècle dernier.

Le vieux quartier avec ses maisons à colombages à l’équilibre précaire et non loin de là la fontaine d’où sont arrivés les moines fondateurs de la ville sont des lieux privilégiés des touristes.

Sa cathédrale a la particularité d’avoir des meurtrières. Elle servit d’écurie pendant la révolution de 1789. De nombreux ponts ont été érigés par Harel de la Noé.

Hervé

Séance 2 | fenêtres

fenetre-lg2000--Déroulé, principes.

Autour d’un extrait de Patrick Goujon, Moi non, page 48,

Et de Ce jour-là de Tanguy Viel (éditions Joca Seria)

À ma fenêtre ( « je vois »)

 « Faire un inventaire, une liste exhaustive de tout ce que vous voyiez depuis une fenêtre (réelle ou imaginaire », durant une journée que vous passeriez campé derrière, ou un seul instant). Tentez de tout décrire, ou du moins de nous faire voir les choses, le paysage, les gens… et le déroulement du temps ;

Commencez par « Quand j’ouvre ma fenêtre, je vois», et continuez.

Quand vous aurez « épuisé l’œil », enchaînez avec « J’entends (…) » et continuez.»

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Textes ci-dessous ou regroupés dans cette rubrique.

DE CHEZ MOI

Si j’ouvre ma fenêtre, je vois le camélia avec ses jolies fleurs blanches. Les mésanges qui viennent tout au long de la journée picorer les boules de nourriture mises à leur intention. Ma petite cabane de jardin peinte en gris et rouge. Je vois aussi les chats des voisins qui   traversent mon jardin de temps à autre.

Bien sûr il y a la petite fontaine avec le murmure de l’eau sans discontinuer.

Je ne vois pas mes voisins, mais on peut entendre leurs chiens, je sais lorsqu’ils font le barbecue , poisson, saucisses…

Bien sûr j’entends les enfants faire de la trampoline, l’été il y a la petite piscine, ce sont des éclats de rire tout au long de l’après-midi.

Je change de fenêtre, là je vois la rue très calme, puisque c’est une impasse. Quelques voitures de garées. Les grands sapins sur le petit rond-point sur lesquels nous avons installé des nichoirs, au printemps je vois le va-et-vient des oiseaux qui viennent nicher. Et puis l’envol des oisillons.

En fin de matinée je peux voir mes voisins se rendre à leurs boites à lettres. La taille des petites haies qui longent le trottoir se fait plutôt l’après-midi, nous sommes nombreux à être retraités.

Marie-Annick

 

 

 

Flashs de vie

Si j’ouvre ma fenêtre, je vois ma jardinière de géraniums encore fleurie malgré l’hiver, posée sur le rebord de la fenêtre,

Je vois la pelouse de mon jardin, devant la maison, tous les trous que mon chien Popeye fait quand il scarifie la pelouse quand le voisin du fond de la rue passe devant la maison

Je vois le muret de la clôture qui aurait bien besoin d’un bon nettoyage, je vois les flaques d’eau sur la rue quand il pleut, la brillance du goudron reflétée par le soleil, je vois le ciel où les nuages se  bousculent avec le vent qui les pousse, je vois les maisons de l’autre coté de la rue,  celle de ma nouvelle voisine Suzanna qui vient de Tchéquie, je vois ses deux petits enfants faisant du vélo quand il fait beau, je vois ma voisine Joelle qui fait des allers retours avec sa voiture, à l’école, à la villa Carmélie, au boulot, je vois le matin un ballet de voitures quittant le lotissement et revenant à leur place pour la pause de midi, je vois la factrice sur son vélo électrique s’arrêtant devant ma boîte aux lettres, je vois les premiers arbres du Bois Boissel qui se dévoilent derrière les maisons de mes voisines, je vois les feuilles qui tombent en cet automne, je vois les promeneurs qui descendent dans le bois pour promener leur chien, les joggeurs qui courent, je vois des nuées d’oiseaux qui survolent le haut des arbres, je vois une pie qui se pose sur la gouttière de la maison d’en face, je vois un petit lapin sorti du bois qui s’invite dans notre rue et même jusque dans mon jardin, je vois de la fumée qui se dégage d’une bouche d’aération pensant au début que c’était ma voisine qui mettait sa cocotte minute à refroidir, je vois le chat de  Marie-Hélène ma voisine du fond de la rue qui se cache sous les voitures ou se couche sur un muret et observe les alentours, je vois le soir, derrière les rideaux de ma voisine Joelle, des ombres avec les lumières allumées laissant imaginer l’intimité de la pièce. Je vois la nature qui change au fil des saisons…

Annie

 

fenêtre de bureau

Si j’ouvre ma fenêtre, je vois un rideau de pluie, drue, épaisse. Je la referme et regarde au travers ; des parapluies, des ados en direction du collège, tête nue, alors que les plus petits ont leur capuche bien boutonnée . Sur le boulevard, les voitures qui lancent des gerbes d’eau quand elles serrent un peu trop près le trottoir et roulent dans le caniveau. Deux traits, rangées de phares qui partent du rond point et se continuent au delà de mon champ de vision, jaune sur la gauche, rouge sur la droite. Les essuie glaces, vitesse double. Le bus, avec quelques dessins dans la buée des carreaux.  Le parking, pas encore occupé – je suis la première arrivée.

 

Une matinée à la fenêtre

Si j’ouvre ma fenêtre, je vois

les enfants bruyants partant à l’école

l’employé du nettoyage qui sort les poubelles

les démarrages parfois poussifs des voitures du voisinage s’apprêtant à partir au travail

les voisins ouvrant leurs stores

le bruit de l’écoulement des eaux usées

les radios et télévisions marchant à tue tête

les personnes promenant leurs chiens

j’entends le vélo du facteur faisant sa tournée

les mouettes repartant en bord de mer

j’entends les klaxons là haut sur le boulevard

et la circulation automobile

bientôt ce sera les odeurs de cuisine

l’aspirateur se le disputant aux divers appareils ménagers

les jappements de mon chien attendant le moment de sortir

le chariot bringuebalant de la femme de ménage

le camion des  déchets verts peinant et vrombissant en montant la côte

herve

à la fenêtre de Pierre

Si j’ouvre ma fenêtre, côté rue,  je vois ma rue, les maisons qui se trouvent en face (au moins 6, de la même grandeur, 2 étages pas plus), derrière, c’est le parc avec 3 HLM et le parc au milieu. Derrière les petites maisons, il y a le mur du Sacré Coeur qui sépare, il y a un terrain de foot. Je vois la pelleteuse et les camions qui sont en train de faire les travaux ; ils mettent l’électricité et les égouts dans la rue. dans la rue, à 6h 1/4 ou 6h 1/2, les gars de la ville qui vident les poubelles.

De l’autre côté (salle de séjour) je vois les jeunes qui jouent au foot même si ce n’est pas un terrain de foot, c’est juste des bancs. S’ils ne jouent pas au foot, ils grimpent sur les jeux du parc, c’est les gamins du quartier ils sont nombreux, des grands et des petits.

L’été, les gens qui viennent d’ailleurs jouent aux boules, l’hiver on les voit jamais jouer aux boules, ce sont des gens que je connais pas

des gens qui se promènent avec leurs chiens, dès le matin, avant d’aller au boulot ou de repartir faire leurs courses à Lidl pour les anciens.

quelques voitures passent, toujours les mêmes, même si c’est interdit

Pour la Fête de la musique, trois ou quatre personnes mettent de la musique sur une chaine, quelquefois celui qui s’occupe de ça se met à chanter, les gars de la ville ont mis les lumières, ça arrive que des gens dansent.

des gens qui jettent du pain, les goélands et les pigeons viennent le manger ; des pies aussi, mais moins. Il y avait une affiche qui interdisait de donner à manger aux pigeons, sous peine d’amende.

Dans le parc, il y des chats.

Si j’ouvre ma fenêtre, j’entends les véhicules dans la rue, les gens qui montent et qui descendent mais ils ne font pas beaucoup de bruit.

A neuf heures, on entend des conversations, des cris des gosses quand ils jouent au foot, tu m’as passé la balle, on les entend, c’est normal c’est des gosses – c’est pas un terrain de foot, c’est un parc il y a un endroit où ils peuvent jouer, ce petit bout de terrain est fait pour jouer aux boules mais il sert aussi à jouer au ballon. L’hiver il n’y a pas de boules, c’est que l’été. Des vacanciers, que je ne connais pas.

J’entends le bruit de la chaudière quand elle se met en route. Le chien du voisin se met à gueuler dès qu’il entend une sonnerie de l’entrée, le mien fait ça aussi.

Des fois, le facteur qui discute avec les voisins, vers 10h / 10h1/4.

Je vois chez ma voisine, à gauche, plein de fleurs et l’été elle met ses serins sur le balcon ; les moineaux viennent là aussi, surtout quand elle met un bout de plastique pour protéger du soleil et de la chaleur, c’est moi qui dis ça.

BRIEND Pierre

 

 

Séance 1 | cartes postales

rondpoint1Déroulé, principes.

L’atelier est basé sur une présentation de google street view, et d’un questionnement sur l’objet « carte postale  »

Chacun choisit une vue de Saint-Brieuc (prioritairement dans le secteur Ouest) dans google street view.

Je présente ensuite les très beau projet « je pense à toi » de Frank Smith, déjà développé en ateliers ici. Ecrire au verso d’une carte postale, c’est user d’un prétexte (cette image au verso) pour dire « je pense à toi ».

A chacun d’écrire une carte postale, adressée (à une personne non nommée) au dos d’une vue choisie sur googlee street view.

Les textes sont ici.

Délire de rond point

 

FireShot Screen Capture #076 - 'Boulevard Edouard Prigent - Google Maps' - www_google_fr_maps_@48_5095279,-2_7774352,3a,75y,282_86h,88_07t_data=!3m6!1e1!3m4!1sQCl_EACAExbWglgc_ivOjA!

Rond point… un rond point, ça tourne, ça tourne, comme un manège, comme un freez bee, comme une toupie. Imagine cette petite estafette blanche qui ne peut plus s’arrêter de tourner. De plus en plus vite… que deviendra-t-elle? du beurre d’estafette?

Imagine…

Syl.

Et la dame avec son chien? je te laisse délirer…

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https://www.google.fr/maps/@48.5095279,-2.7774352,3a,75y,282.86h,88.07t/data=!3m6!1e1!3m4!1sQCl_EACAExbWglgc_ivOjA!2e0!7i13312!8i6656!6m1!1e1

 

 

 

FireShot Screen Capture #083 - '3 Rue Gustave Eiffel - Google Maps' - www_google_fr_maps_@48_5177448,-2_7783494,3a,75y,32_23h,107_05t_data=!3m6!1e1!3m4!1slOPGe2kSHiVPlviLZgZ0-A!2e

Résidence St-Jouan

Mon cher,

C’était il y a 21 ans déjà, j’arrivais juste à St-Brieuc dans cet immeuble où j’ai passé 6 années de transition avant d’avoir ma propre maison. Ce n’était pas le standing, mais j’y étais bien logée.

Quand tu sonnais à la porte, c’était toujours du bonheur.

A l’occasion, si les anges te le permettent viens faire un tour dans ma nouvelle maison. Je t’aime et je t’embrasse bien fort

Queue de cerise

ps : même si ce n’est qu’un rêve …!

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https://www.google.fr/maps/@48.5177448,-2.7783494,3a,75y,32.23h,107.05t/data=!3m6!1e1!3m4!1slOPGe2kSHiVPlviLZgZ0-A!2e0!7i13312!8i6656

FireShot Screen Capture #084 - '84 Rue de Beauregard - Google Maps' - www_google_fr_maps_@48_527877,-2_77961,3a,75y,339_58h,111_1t_data=!3m6!1e1!3m4!1sVrwkz1hMiuDyi0k-iu38CQ!2e0!7

Et dire que certains osent dire qu’il pleut tout le temps en Bretagne. T’as vu ce ciel bleu ? Juste au dessus du Bois Boissel, le poumon vert du quartier…

On t’attend pour aller y faire un tour. A très vite.

Bisous à partager avec les enfants (dis leur qu’il y a de nouveaux jeux dans le bois, pour les motiver à venir jusqu’ici…)

S

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https://www.google.fr/maps/@48.527877,-2.77961,3a,75y,339.58h,111.1t/data=!3m6!1e1!3m4!1sVrwkz1hMiuDyi0k-iu38CQ!2e0!7i13312!8i6656

Gamelle

FireShot Screen Capture #088 - '29 Boulevard Edouard Prigent - Google Maps' - www_google_fr_maps_@48_5091136,-2_7744183,3a,75y,280_22h,66_84t_data=!3m6!1e1!3m4!1s4ooFo03piJAjlnkwE

Chère collègue,

Ce matin, j’ai chuté sur le trottoir de ce maudit boulevard. La saison, sur la photo, n’est pas la bonne. Vous savez qu’aujourd’hui les feuilles mortes jonchent le sol, le rendant glissant. Mes souliers de ville n’adhèrent guère et je suis au regret de ne pouvoir venir travailler étant donné l’état de ma cheville!

Cordialement

Mme G.

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https://www.google.fr/maps/@48.5091136,-2.7744183,3a,75y,280.22h,66.84t/data=!3m6!1e1!3m4!1s4ooFo03piJAjlnkwERxUyQ!2e0!7i13312!8i6656!6m1!1e1

 

FireShot Screen Capture #090 - 'Rue de la Caquinerie - Google Maps' - www_google_fr_maps_@48_5165592,-2_7731816,3a,75y,56_97h,102_9t_data=!3m6!1e1!3m4!1sWYJfH15gf0GaxRWEApalUA!2e0

chère amie voici une vue de l ancien abattoir pour vous rappeler a mon bon souvenir

amitiés

et aux moments bons moments que nous avons passés ensemble durant cet été magnifique

hervé

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https://www.google.fr/maps/@48.5165592,-2.7731816,3a,75y,56.97h,102.9t/data=!3m6!1e1!3m4!1sWYJfH15gf0GaxRWEApalUA!2e0!7i13312!8i6656–

 

FireShot Screen Capture #091 - '26 Rue Jean Rioche - Google Maps' - www_google_fr_maps_@48_5140336,-2_7788688,3a,75y,57_89h,80_61t_data=!3m6!1e1!3m4!1snjt4FJwbRHtRuEYpg4R49w!2e0!7

–Chère  copine,

voilà une petite idée de ce que tu pourrais apercevoir si tu passais le portail. Des bancs colorés , des petits buissons alignés pour l’esprit jardin, une allée en dallage qui n’a pas l’air d’avoir beaucoup servi.

Voilà l’arrière de la Villa Carmélie, un petit coin de paradis où j’aimerais bien qu’on y fasse un tour toutes les deux. Je pense que Jules aurait aimé cet endroit.

Je te dis à bientôt et je t’embrasse bien fort

A

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https://www.google.fr/maps/@48.5140336,-2.7788688,3a,75y,57.89h,80.61t/data=!3m6!1e1!3m4!1snjt4FJwbRHtRuEYpg4R49w!2e0!7i13312!8i6656

 

 

FireShot Screen Capture #096 - '79 Boulevard de l'Atlantique - Google Maps' - www_google_fr_maps_@48_519039,-2_7926865,3a,75y,326_2h,90t_data=!3m6!1e1!3m4!1sMSFMwVtkLl4onvIBFF6aHg

 

Bonjour mon poussin,

« Place de ma mob »… j’ai pensé à toi en voyant cette carte, même si j’ai pas croisé Gérard Lambert, ni Bob qu’était pas au flip, ni la bande d’allumés qui vivent à 6 ou 8 dans 60m² (pourtant, y’en a des HLM autour !)

Plein de gros bisous

M

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https://www.google.fr/maps/@48.519039,-2.7926865,3a,75y,326.2h,90t/data=!3m6!1e1!3m4!1sMSFMwVtkLl4onvIBFF6aHg!2e0!7i13312!8i6656