Tentation de l’image arrêtée (et dire le son que ferait un geste)

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Plusieurs mois après, je nous écoute.

Nous sommes à côté du stade Hélène Boucher. Dans la salle omnisports. La salle de sports, pendant cette séance de basket, pour les 7-9 ans, du mercredi après-midi, c’est, d’abord, du son. Crissements aigus des semelles sur le parquet, détonations sèches des rebonds multiples et des tirs. Trente ballons pour autant de joueurs et joueuses qui s’égayent en même temps, c’est un crépitement continu. Cet agrégat de sons, tellement massif, précède toute autre appréhension de ce qui, ici, se joue.

Les gamins viennent du quartier pour certains, mais pas exclusivement — il y en a de tout Saint-Brieuc. Plusieurs mois après je les réécoute, nos interviews, souriantes et chaleureuses, assis dans un coin de la salle. Nos paroles sont hachurées par les ces détonations, ces grincements, et surtout par les consignes du coach (David Huitric, de l’Amicale laïque), persistantes, toniques — ce travail, cette intensité, cette concentration que c’est, de mettre en jeu (c’est-à-dire : en mouvement, réglés par des lois) des jeunes vies, des attentions aussi fragiles qu’intenses, comme celles-ci, me frappent : l’éducation populaire, ce dont parle si bien Yamina Benahmed Daho dans son livre Poule D (qui évoque lui le football amateur féminin), tient à cela :un souci constant, une ferme attention à l’autre — ça va bien au-delà d’une stricte générosité, d’un simple dévouement, cette affaire.

Plusieurs mois après, je réécoute, cet ensemble sonore, et la distance me fait voir mieux mes questions (les questions intérieures qui me poussent à formuler les questions que je leur pose), me remets au chevet de mes attentes, de mes présupposés ; j’observe ce qu’elles tentent d’induire, mes questions (en toute indulgence pour moi-même intervieweur : ils ont de 7 à 10 ans, ce n’est pas une sinécure que de les faire parler des gestes, qu’ils sont, évidemment, venus là pour effectuer, pas pour expliquer ni commenter).

Le sport chez les gosses me disais-je, c’est un rêve, le rêve d’un geste et de son éclat — au basket, majoritairement le shoot : viser, marquer. Mais la passe vaut, pour eux — et c’est une des surprises heureuses qui m’attendent, au relevé de leurs paroles : marquer n’est pas majoritaire, passer compte beaucoup, certains me disent même préférer être au départ d’une action, à la première passe.

Plusieurs mois après je les écoute, et ne cesse, toujours, de mesurer l’écart avec ce que produit le football — qui est le sport majoritaire, qui est aussi celui que je connais le mieux (ou le moins mal, pour le dire plus honnêtement). J’ai assisté ce week-end à un tournoi de jeunes footballeurs, d’assez haut niveau, et ai pu constater à quel point la tentation du geste, de celui qu’on appelle beau, petit pont, sombrero passement de jambe, feinte et course, joue d’un paradoxe : elle est la tentation d’une image arrêtée du geste (une forme d’effet poster), paradoxe quand il s’agit de mouvement, et véritable empêchement quand il s’agit d’un mouvement collectif. Le vainqueur du dit tournoi (la section 17 ans de l’OGC Nice, club pro, dont une large part de l’effectif deviendra pro, dont certains à coup sûr sont aux portes des sélections nationales jeunes), qui surclassait techniquement, individuellement, chacun des adversaires, a failli perdre sa finale par excès de vanité, par excès de cette tentation du geste — jouant trop perso, en somme.

Ici, ce qui vient très tôt, chez ces enfants, c’est le goût du basket en tant que jeu collectif. Chacun a quelque chose à faire, et ce quelque chose varie plus, et plus vite, qu’au football. Ça va plus vite, me disent-ils toutes et tous.

Ce qui déjà s’estompe chez les grands ados, estampillés NBA, sapés impec, posés là en attente, plus concentrés dans cette attente à produire de belles figures soli qu’à passer, passer, passer en bondissant comme font les petits.

Ils m’auront peu dit (mes attentes démesurées, tiens), sur leurs gestes : ils m’auront surtout dit leur plaisir : que ce soit par rapport au foot (plus collectif, plus vite), à la danse, au cirque, ils se sentent mieux ici, le basket leur donne plus : plus de gestes, plus de liens, plus de plaisir.

Mais quand même : le double pas (enchaînement pied droit pied gauche pour marquer), la triple menace (exercice de défense), il y a des gestes qui, s’ils ne sont pas aisément parlés, sont déjà joués et rejoués – et dès lors s’échappent, des carcans du langage comme de l’arrêt sur images.

Comme s’échappent ces sons, cet amalgame unique, ce jeu d’aigus graves, de scansions, qui rythment ce que j’écoute, et réécoute, des mois après.

Tout l’impossible de l’écriture est là. Toute la tentation de ce geste. A reprendre.

Et reprendre.

Encore.

 

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séance 6 – Mon Géant ton Géant leur Géant

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Mon Géant ton Géant leur Géant (6ème et ultime séance d’atelier d’écriture au collège Jean-Macé)

J’explique aux enfants ce que je fais certaines matinées dans la galerie marchande du Géant tout proche : m’installer, et écouter les gens, les enregistrer me raconter leur histoire de Géant.

Je leur propose d’ajouter leur voix à ce corpus, selon ce principe d’écriture, égrené progressivement :

La première fois que j’ai vu le Géant (et poursuivre)

La première fois que je suis allé dans Géant (poursuivre)

La première chose qu’on m’a achetée au Géant (poursuivre)

Au Géant, moi, je (poursuivre)

Les textes sont à lire ci-dessous

La première fois que j’ai vu le Géant, je devais avoir 5 ans, mes souvenirs sont vagues mais si je me souviens bien c’était pour aller voir ma nouvelle maison en construction.

La première fois que je suis allé à Géant, j’avais déménagé dans ma nouvelle maison, j’allais faire les courses car le frigo était vide. C’était quand il y avait le manège à côté de la porte pour accéder à Babou, bien entendu moi et ma sœur on était petits donc on voulait absolument faire un tour de manège et ma mère avait cédé, je prenais tout le temps la moto. Après ce petit tour de manège on pouvait aller faire les courses tranquillement.

La première fois qu’on m’a acheté quelque chose à Géant, c’était une pochette surprise de la couleur bleue il y avait des petites voitures… à la caisse car je n’ai pas le droit au chewing-gum ni aux bonbons durs.

Au Géant je vais souvent pour acheter des trucs.

La première fois que j’ai vu le Géant j’avais deux ou trois ans et je passais sur la grande route qui mène au rond-point. Il était tout gris et jaune mais entouré de boutiques comme le lasergame qui a changé de locaux et qui est maintenant à la zone de CINELAND.

La première fois que je suis allé dans Géant c’était une semaine après l’avoir vu et j’étais rentré par la grande porte qui est au centre du bâtiment, il y avait une galerie remplie de boutiques, il y avait des petits jardins au centre de l’allée et il y avait beaucoup de monde. Au bout de la galerie j’avais découvert un manège qui fonctionnait toute la journée avec une moto et je m’amusais soit à faire un tour de manège soit à courir dans la galerie de Géant et faire des allers et retours.

La première chose qu’on m’a achetée au Géant devait être des vêtements mais je ne me souviens pas bien de ça.

Et la première chose que j’ai achetée était une grosse boîte de Playmobil sur le Moyen-Age, il y avait un château, des chevaliers et un terrain où se passaient les tournois à l’époque.

Au Géant, moi, je ne fais plus que passer sur la route à coté parce que la boulangerie où mes parents achetaient le pain est fermée parce que le patron est parti avec la caisse et donc je n’y vais plus.

Je ne me souviens plus la première fois que j’ai vu le Géant, je pense que je ne dépassais pas les 7 ans et il y avait le laser game à côté (maintenant il se trouve vers Brézillet) et il n’avait pas la même couleur qu’aujourd’hui, parce qu’ils l’ont repeint.

Quand j’étais plus jeune et que j’y allais, le manège était encore là. Je me souviens que j’allais tout le temps sur le cygne et mon frère sur la moto.

Maintenant, c’est le vide, enfin il y a un magasin chinois.

Quand je passais dans la grande allée, il y avait un téléphone qui était plus grand que moi à l’époque, mais maintenant ils l’ont enlevé.

Je sais plus ce que j’ai acheté la première fois que j’y suis allée ça devait être un jouet.

Au Géant, moi, j’achète des bonbons après les cours quand j’y vais avec des amies, ça m’arrive de prendre des frites au kebab quand j’ai faim.

Sinon on va rarement faire nos courses là-bas, quand on y va, c’est souvent pour des cas d’urgence.

La première fois que j’ai vu le Géant, je devais avoir 5ans à peu près ?

La première fois que je suis allée au Géant, les murs de dehors étaient blancs, le magasin était un peu petit, il y avait pas beaucoup de rayons, ni de caisses…

Quand je suis repartie un autre jour, j’avais remarqué que le magasin s’était agrandi.

La première chose qu’on m’a achetée c’était une poupée Barbie je crois.

Au Géant, moi, j’y vais pour aller faire les courses avec mes parents, pour m’acheter des bonbons, pour sortir avec mes copines…

La première fois que j’ai vu le Géant, c’était en passant par l’entrée où il y a la grande coccinelle, et j’ai vu toutes les voitures et le grand magasin.

La première fois que je suis allé à Géant, on s’est garé sur le Parking et j’ai vu l’ancien Laser Game, je pensais que c’était un magasin qui vendait des Lasers.

C’est ici que mes parents allaient faire les courses. À chaque fois, je voulais faire un tour de manège, mais je n’en ai jamais fait ici. À chaque fois, je voulais aussi acheter un truc dans les petits distributeurs, mais je n’ai jamais rien acheté non plus.

La première chose que j’ai achetée, ça doit être un paquet de bonbon, je devais avoir 9-10 ans, avec des copains

Au Géant,  moi, j’y vais jamais, sauf parfois pour acheter des bonbons.

La première fois que j’ai vu le Géant, j’avais 9 ans, il était repeint en noir, le signe de Babou était en jaune et il est toujours en jaune. Il y avait des lumières dans les lettres le 2ème B ne s’allumait pas la lampe était brulée ils l’ont jamais changée aujourd’hui le 2ème B de Babou ne s’allume toujours pas.

La première fois que je suis allé a Géant il y avait un manège ou il y a un éléphant, une moto et un cygne, je faisais le caïd avec la moto je me sentais fort, le chinois qui vendait des valises et tout me regardait toujours je sais pas si dans sa tête il m’insultait.

La première chose qu’on m’a acheté c’était des gâteaux moelleux fourrés au chocolat.

Au Géant, moi, je vais acheter des Brownies, des boissons, des gaufres, des kebabs ,  pour aller avec mes cousins et mes amis faire un beau foot au Sintétique .

La première fois que je suis allée à Géant j’étais partie faire des courses avec mon père pour le ramadan on a acheté de la viandes (merguez etc…), du cachir, des pois chiche, du couscous, des bonbons, selecto mirinda ifri j’avais entre 5 et 6 ans. Après j’ai fait un tour de manège !!!

Au Géant, moi, je vais acheter des bonbons

(Cachir : saucisson algérien)

La première fois que j’ai vu Géant je trouvais qu’il était plutôt banal (et c’est toujours le cas).

La première fois que j’y suis allé c’était plutôt vide il n’y avait personne ! Comparé à des centres commerciaux comme Leclerc ou Carrefour. La première fois où j’y suis allé j’ai acheté des bonbons.

Moi j’y vais presque jamais car je préfère aller au Leclerc.

La première fois que je suis allée et quand j’ai vu le Géant je devais avoir quatre ans je me souviens y avoir été avec ma petite sœur pour faire un tour de manège ; j’allais toujours sur le cygne et ma sœur sur l’éléphant je ne me rappelle plus ce que j’ai acheté la première fois que j’ai été à Géant.

Au Géant moi je vais manger un kebab avec mes copines, je vais acheter des bonbons le soir après les cours.

La première fois que j’ai vu le Géant, il n’était point rouge mais blanc. Il me paraissait petit pourtant c’est un bâtiment assez grand. J’étais très petite.

La première fois que je suis allée à Géant c’était pour que mes parents puissent m’endormir car je ne pouvais pas dormir sans qu’il y ait du mouvement. Ensuite j’ai pu faire un tour de manège sur l’éléphant. Une autre fois j’ai pu faire un tour de manège avec le taxi (américain).

La première chose qu’on m’a achetée au Géant était une baguette de pain, par mes parents, pour que je puisse manger le crouton de cette baguette pendant qu’on était dans le Géant pour que je ne bouge pas.

Au Géant, moi, je ne vais jamais seule. J’accompagne mes parents pour porter les courses ou pour porter les bouchons car nous récupérons les bouchons de Géant.

La première fois que je suis allé à Géant c’était avec ma mère je me souviens qu’elle faisait les courses pour son anniversaire et que elle m’a donné 20 € pour lui acheter un cadeau et je lui ai acheté des fleurs je lui avais pris la première chose que j’avais trouvée et la moins chère pour garder l’argent.

Maintenant j’y vais avec mes amis pour acheter des bonbons et souvent le midi pour manger grec et avec ma mère pour faire les courses

La première fois que j’ai vu Géant j’avais 11 ans il était jaune je pense il y avait pas une boutique de lunettes à cette époque ni de Beauty Success

La première fois que je suis allée au Géant j’étais avec ma grande sœur et mon petit frère pour faire une course je ne sais plus ce que j’y ai acheté.

La première chose qu’on m’a achetée à Géant c’était des courses car on était en plein déménagement.

A Géant, moi je vais acheter des choses avec des amies acheter pleins de choses

La première fois que je j’ai vu Géant il était différent il n’y avait pas Babou c’était M. Bricolage à la place mon père y travaillait il y a plus les mêmes voitures que avant les voitures étaient vielles maintenant elles sont plus récentes il n’y avait pas les mêmes magasins dans la galerie.

La première fois que je suis allé au Géant c’était pour faire des courses avec ma mère à mes 4ans on y allait assez souvent la première chose que j’ai achetée au Géant c’était des bonbons puis des gâteaux puis des chips…

A Géant moi je n’y vais plus souvent mais je le vois quand même tous les jours quand je vais à l’école

La première fois que j’ai vu le Géant : je devais être bébé

La première fois que je suis allée au Géant : je devais être bébé ça devait être pour faire des courses ou pour m’acheter des jouets

La première chose que j’ai achetée au Géant je m’en rappelle pas

ou qu’on m’a achetée

A Géant j’y vais des fois avec ma mère pour faire quelques courses

A Géant, moi je vais tous les jours acheter des Doritos à la crème fraiche et oignon et un sandwich au thon et aussi un kebab

La première fois que j’ai vu le Géant j’avais 9 ans il était gris car maintenant il est rouge il y avait titigil a la place de aravi maintenant il y avait pas midas pour réparer les voitures il fallait aller autre part.

La première fois que j’ai été à Géant j’ai aussi été dans un petit manège et aussi j’ai été acheter du pain dans la boulangerie qui est fermée maintenant

La première fois que j’ai acheté quelque chose à Géant c’était un petit ballon Bob l’éponge pour ma petite sœur qui avait à l’époque 4 ans et aussi ma mère m’avait acheté une gourmette en or que je peux plus mettre car elle est trop courte

La première fois que j’ai vu Géant c’était avec un pote, je venais d’arriver à Saint Brieuc j’étais en vélo et on allait acheter des bonbons, on cherchait le rayon bonbons, on l’a cherché pendant 10 min ! Au final on avait pris des Carambar et des Schtroumpfs. Depuis Géant ça a changé, il a été repeint en rouge, le magasin Titigil a été changé par un magasin chinois. Souvent on voit des mecs à l’entrée avec des chiens et des bouteilles d’alcool

Moi à Géant j’y vais pas souvent mais quand j’y vais c’est avec des potes. Je vais tout le temps acheter des bonbons parce que j’ai faim et du coup j’achète des Pépito ou des Granola ou des Haribo sauf que après j’ai plus d’argent.

La première fois que j’ai vu Géant : C’était il y a pas mal de temps maintenant. Il me semble que j’étais dans le caddie, et à chaque fois que nous rentrions dans l’entrée principale avec mon père, ça puait la cigarette, et une fois la première porte passée, ça puait, à cause de l’odeur venant des toilettes. Il y avait un manège, et souvent je demandais à mes parents de me laisser faire un tour mais ils ont toujours refusé ! En plus, l’extérieur de ce magasin était moche, et ses lettres en rouge ne fonctionnaient pas toutes. Ca faisait moche. Je n’ai jamais vraiment trop aimé ce magasin.

La première fois que je suis allée à Géant… ça date !! Je ne saurais pas dire quand précisément. Mais il me semble que je devais avoir entre et 2 et 3 ans… ! J’y allais souvent avec mon père, mais parfois j’y allais avec ma mère. Jamais les deux en même temps, car un de mes deux parents devait s’occuper de mes grands-frères. Quelle corvée !

La première fois que j’ai acheté au Géant… D’aussi loin que je me souvienne, les premières choses que l’on a dû m’acheter au Géant, c’était des boucles d’oreilles, car on venait de me percer les oreilles, ça fait très mal ! Sinon, comme « jouet » ou autre, ça devait être des livres, bande dessinée, album, roman. Et autrement j’aimais bien les jouets et j’en réclamais souvent à mon père ! Bien que il ne cédait pas tout le temps. Sûrement des poupées, ou des animaux en peluches ! Je crois plutôt peluches mais les poupées, c’est probable aussi.

Depuis quelques années, maintenant, je ne vais plus à Géant, car je trouve cela inutile étant donné que je n’ai pas le temps, et car je préfère aller à E.Leclerc, vu qu’il y a un espace culturel où je peux lire des livres, sans que personne ne vienne m’embêter.

La première fois que j’ai vu le Géant, il était peint de couleur blanche, avec les lettres en rouge et la mascotte en vert, le parking était assez grand, il y avait des poubelles, des arbres sur le parking, des panneaux, de l’herbe

La première fois que je suis allée a Géant, j’ai trouvé ce commerce assez grand avec dedans un kebab qui est toujours là, il y avait une boulangerie qui n’est plus là maintenant, il y a un petit Casino avec des pâtisseries dedans, plus loin quand on y rentre on peut voir des vélos, j’y vais pour faire les courses.

La première chose que j’ai achetée au Géant c’était du poulet, ou des bonbons, ou je sais plus quoi.

La première fois que je suis allé au Géant j’avais 7 ans j’y suis allé pour faire des courses.

Maintenant je vais à Géant à peu-près une fois par mois

La première fois que j’ai vu le Géant il n’y avait pas de Babou.

La première fois que je suis allé au Géant j’étais avec mes parents, mes deux sœurs, il y avait un manège ou j’allais parfois.

La première chose que j’ai achetée au Géant était un paquet de bonbons.

A Géant moi j’achète des bonbons.

La première fois que je suis allée au Géant (c’était quand j’avais entre quelque mois et 1 ou 2 ans, on m’a raconté) c’est ma mère qui m’emmenait car j’étais trop petite pour rester toute seule à la maison et j’aimais bien aller dans le caddie. Mais ma mère me grondait car je ne faisais que de bouger. Vers 5 ans j’aimais bien aller au rayon jouet mais c’était très très rare.

Je ne vais jamais au Géant car je m’ennuie et ça ne sert à rien, ma mère fait juste les courses pour la semaine. En plus elle le fait quand on est au collège et tant mieux ! Et il est de plus en plus moche ! Et je déteste Géant surtout la galerie qui est de plus en plus vide et quand on y va le samedi il n’y a que des vieux (ça devient plus une maison de retraite que un super marché).

La première fois que j’ai vu Géant, je ne m’en rappelle pas vraiment, je devais être petite. Il y avait ce « Géant » écrit en gros et en rouge.

La première fois que je suis allée au Géant, j’étais avec ma mère, on était venues en voiture, il faisait froid, je crois, je l’avais suppliée de faire un « petit manège ». J’avais l’impression d’être dans un labyrinthe : tout était grand, immense. Je me souviens d’avoir vu les jambes des gens, je m’agrippais à la main de ma mère, j’avais trop peur de me perdre dans ce flot de monde, de bruits. Je jouais à cache-cache dans les rayons et je voyais « ce » rayon jouets, le rayon jouets : je voulais y aller. Tout dans ce rayon me donnait envie, il y avait d’autres enfants, de la couleur…Je me rappelle que la première fois que je suis allée à Géant, on a fait des courses mais j’ai aussi découvert le « lave-auto », j’adorais ça, je restais dans la voiture et je regardais l’eau et le savon couler sur les vitres.

Moi je passe devant Géant tous les matins en sortant du bus mais je n’y vais pas. Parfois j’y vais avec ma mère, pour faire des petites courses, mais c’est rare.

La première fois que j’ai vu Géant, les murs étaient peints en blancs et les lettres de Géant, il y avait pleins de voitures et moi je déménageais, derrière Géant où des maisons venaient d’être construite.

La première fois que je suis allée à Géant c’était pour faire les courses avec ma mère.

La première chose qu’on m’a achetée à Géant c’était des bonbons et des chips puisque c’était mon anniversaire .

La première fois que j’ai vu Géant c’était quand j’avais 2 ans, j’étais avec ma mère et mon père, il y avait un manège coloré derrière nous et il y avait beaucoup d’enfants autour.

La première fois que je suis allé au Géant on y était allé pour m’acheter des vêtements, et des jouets.

La première chose qu’on m’a achetée au Géant c’était un ballon Superman.

La première chose que j’ai achetée à Géant c’était un cadeau de Noël pour ma sœur.

A Géant, moi j’y vais souvent pour acheter des bonbons et pour en passer à mes potes.

Au Géant

La première fois que j’ai vu Géant il paraissait assez grand il n’avait pas les mêmes couleurs que maintenant, les magasins qui étaient à côté n’étaient pas les mêmes par exemple à côte du magasin de pneus il y avait un laser game et les couleurs de Babou étaient jaunes.

La première fois que je suis allée à Géant je devais avoir 8 ans, j’étais avec une pote, il n’y avait pas tous ces magasins dans la galerie. Je crois me souvenir qu’il y avait des petits manèges où des enfants jouaient.

La première chose que j’ai achetée à Géant c’étaient un paquet de bonbons.

Quand je vais à Géant, je suis souvent avec des potes à moi. On y va le plus souvent à la fin des cours pour acheter des trucs à manger. On passe à chaque fois, au moins 20 minutes à choisir ce que l’on veut.

Vu d’en haut, et traversé : MON paysage

Suite à l’exercice de cartographie « à main levée » de la séance 4,

lecture est d’abord faite de l’intro du très beau et récent livre de Hélène Gaudy, « Une île une forteresse » (Inculte).

« de haut, c’est une étoile. On peine à compter ses branches, mangées dans les angles par des plantes voraces. On zoome et sa structure se dessine, en son noyau une place centrale, rectangle où l’on devine la forme d’une fontaine. Au ras des toits rouges le survol est fluide, rectangles imbriqués, casernes de Dresde, de Hanovre ou de Hambourg. À son approche, le car longe une piscine vide, un petit lac. Au milieu d’un champ, l’îlot de pierres d’un cimetière. De minuscules cabanes de bois noir, un homme qui bronze dans son jardin entouré de géraniums vifs, des champs de maïs, une station d’épuration, la forme violette au loin des monts de Bohême, des tournesols par milliers, un tracteur dans un nuage de poussière, le lacis des rivières. »

Puis, chacun retrouve sa carte. Et procède de même. Une approche textuelle en deux phases :
1/ d’en haut, que dessine ma carte
2/atterrissage et traversée de ce paysage : « qu’est-ce qu’il y a autour de moi ? » « qu’est-ce qui manque (sur ma carte) ?

 

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Il y a des ronds, des carrés , des rectangles, des demi-cercles , des traits , il y a des rectangles et des carrés un peu partout pour représenter des maisons et des immeubles, il y a 3 rond-points , il y a un stade au nord-ouest, il y a Géant (magasin), Babou (magasin) , Midas (garage), Arravie (magasin) au sud-est de la carte , la caf au nord , le collège au centre de la carte .

On voit pas les personne , y’a pas d’arbre , pas de voitures , il manque les rue, les chemins , le vent , le ciel , les nuages.

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Il y a des petits rectangles et des grands rectangles.
On voit des traits en continue.
Un point rouge pour dire où nous sommes.

Les grands rectangles ce sont des représentations de clôtures.
Les petits rectangles représentent des bâtiments d’école.
Les rectangles rayés ce sont des maisons ou des immeubles(habités ou pas).
Les traits ce sont des routes.

Ils manquent sur cette carte le relief, les voitures, les oiseaux, les arbres, le ciel, la pluie, les bruits des bavardages dans les écoles (des 4E) et dans les rues. Ils manquent les passages piétons, les lampadaires, les plantes la verdures et de la couleur (à par le point rouge).

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cartes-scannées-6

(ahmed abli ?)


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Sur ma carte je vois :
des ronds
un rectangle
des traits
un carrée
des triangles
des traits

Le rectangle c’est le bâtiment du collège
les rond ce sont des ronds point, il y a des plantes
les trait ce sont des passage piétons et les place de parkings
le carré c’est le champ
les traits sont les passages piéton et le chemin de la route

Dans mon dessin il maque des nuages, des arbres, le vent, des voitures, des oiseaux, de l’herbe, les rues, des personnes,
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Sur ma carte je vois des carrés des rectangles des écritures et des lignes.
Les carrés entre les petits rectangles représentent des voitures et les petits rectangles justement représentent des lignes de peintures pour délimiter le parking.  Le petit triangle représente babou. Le grands rectangle représente Géant Casinon. tm. Le petit rectangle sur le coté représente un magasin de nourriture chinoise qui s’appelle ARAVI (Ce n’est pas très bon je ne recommande pas) et voilà.

Il manque des arbres des poubelles noires des petits poteaux en pierre.


Je vois un triangle puis il y a un rectangle des carrés plusieur traits puis enfin un dernier rectangle
c est babou geant casino des vehicule mobiles des places de parking et un magasin chinois

il manque de l’herbe sur le sol du bitume su le sol des petit poto en pierre des passage piéton le drive de géant des piétons des places de parking des piétons les fenêtres du toit de geant les garage midas la station les insectes les chiens les oiseaux

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Il y a des rectangles qui sont des bâtiments des maisons les ronds sont des ronds points les plus gros rectangles sont des parkings il y’a un mouvement d’essuie- glaces comme si on avait balayé tous les bâtiments.

Il manques des mouvements, des oiseaux, des nuages, des arbres, des voitures, des bruits.
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Sur ma carte il y a des ronds, des rues, des petits carrés des plus grands, des maisons. dans les maisons il y a des chambres, des lits, des rideaux, une salle de bain avec des robinets une baignoire. Dans la cuisine il y a des services des télés une table une console un tapis des fruits.
Un collège dans le collège il y a des salles dans les salles il y a des tables avec des chaises le tableau des ados ou enfants des ordinateurs des souris des feuilles une poubelle ,
Une voiture dedans il y a un frein à main un guidon des sièges, des rectangles avec des tous petits ronds, les rond points me font penser à des pieuvres.

Ce qu’il manque dans le dessin sont les arbres les buissons les voitures qui roulent le soleil qui brille les amis qui marchent en chantant n’importe quoi les fourmis les araignées les oiseaux qui chantent les feuilles qui tombent les voitures qui sonnent.
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Il y a: des ronds avec des lignes en intersection du rond

Il y a: des carrés avec à l’intérieur plusieurs carrés

Il y a: des indications ; ronds point, un carré avec écrit jean Macé, un carré avec Babou, un carré avec géant casino, un pont…

Il y a: des routes plus larges qui passes par des ronds-points avec plusieurs sorties, une avec une sortie sur un rond-point.

Il y a: un deuxième rond-point avec sur la droite un petit chemin qui passe pour aller au portail du collège, à gauche sur une route et tout droit sur une grande route qui à gauche il y a un rond-point ou y a un espace commercial avec un parking, Bambou, géant casino…

Il manque: entre les deux ronds-points de la verdure, vent qui fait bouger les arbres, les voitures sur la route avec leurs feux pour la nuit, les lampes de la rue devant jean Macé…

Il manque: les étoiles de la nuit, les personnes sur les trottoirs, les voitures garées sur le parking de géant casino, et les voitures a la station essence
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Il y a des rectangles au bord de la carte, des formes aux bords arrondies, des lignes formant des allées et un rectangle quadrillé ainsi qu’un ovale qui se fait couper par deux lignes.
Les deux formes au bords arrondis sont deux voitures, le rectangle quadrillé est un parking, les rectangles représentent des bâtiments, je vois comme un enclos, certaines lignes sont des délimitations sur les bords de la carte. Il y a une zone fleurie que je ne distinguais pas avant, un arbuste, un endroit où s’abriter qui est sûrement l’enclos remarqué de plus haut, des escaliers et une petite rambarde, le bâtiment qui se tient à l’écart est le bâtiment administratif j’y vois des logements à l’étage.
Sur la carte il manque le gymnase, le plateau, l’échelle n’est pas bonne, la route, la cour, le trottoir sur le bord du bâtiment principale, les élèves, l’herbe entre le plateau et la cour, les arbres à l’entrée du collège, le parc à vélos, le parking arrière, le parking pour les parents, les élèves qui crient, les informations sur la météo, le vent qui souffle sur les arbustes, les professeurs, la couleur.
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Il y a des traits, des ronds dans des ronds, des triangles, des carrés dans des carrés, des rectangles plus petits que d’autre et d’autre plus grand, des triangle dans des carrés, il y a aussi des T et des petits traits en travers des deux autres grands traits.

Les triangles sont des voitures les traits sont des routes, les petits traits en travers des deux autres grands traits sont un passage piéton en travers de la route, les triangles sur les carrés sont maisons, il manque le vent la pluie le soleil le jour la nuit car on ne peut pas les dessiner
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Il y a :
-un triangle allongé de côté un peu bossu et un trait en haut à droite ( c’est la Bretagne )
-un rond et des petits points autour tout en haut, une île
-des noms de grandes villes un peu partout
-un monstre du Loch-Ness
-une moitié de triangle en Normandie
-un groupe d’éoliennes
-un poisson
-un coquillage
-Océanopolis
-une fôret
-un tentacule qui sort de l’eau
-des bateaux de pêche et des mouettes
-des voitures et des camions

Il manque :
-des détails sur la côte de la Bretagne
-des grands bâtiments un peu partout
-des routes
-des fleuves
-de la couleur
-le relief
-le vent
-des odeurs
-d’autres grands bâtiments
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il y a des rectangles plus petit que d’autre, une zone remplit de trait, un grand rectangle avec plusieurs petit rectangle dedans, un rectangle représente un gymnase, un notre rectangle représente un bâtiment, un notre rectangle plus haut représente un collège, un notre rectangle appelé bâtiment administrative, une zone remplit de trait représente de l’herbe, un notre rectangle avec plusieurs petit rectangle dedans qui représente un parking avec plusieurs place dedans

il manque des arbres, des endroits d’herbes, des marches devant les bâtiments, des voitures sur le parking, des grillages, des bancs, des places de parking,
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Sur la carte il y a mon département (Côtes-d’Armor); il y a ma ville (Saint-Brieuc); il y a mon quartier; il y a mon collègue (Jean-Macé); il y a trois parking un pour les profs , un pour les parents d’élèves et un pour les vélos (pour les élèves); il y a le bâtiment de l’administration, celui pour les cours, celui pour la cantine, celui de la segpa, le gymnase; il y a trois rond-points, la cour de récré, le terrain de foot et de basket; il y a des espaces de verdure (9);
Il y a des routes, des passages piétons, des trottoirs; il y a un arrêt de bus…
Mais il manque 2 autre routes relier au grand rond poing et aussi au petit rond-point de gauche; l’école primaire à côté (le grand clos); des voitures et des personnes.

-Sur la carte :

il y a des gros blocks

il y a des rectangles

il y a des grandes lignes

il y des ronds

 

-Vu d’en haut,on ne voit que des formes. Mais en s’approchant :

je vois un collège

je vois un parking

je vois des batiments

je vois des arbres

je vois des vélo

je vois de l’herbe

je vois un abri de bus

je vois la sortie du self

je vois une route

je voit des ronds-points

 

il n’y a pas de personne

il n’y a pas de voiture

il n’y a pas de bus

il n’y a pas de but de foot

il n’y a pas de panier de basket

il n’y a pas géant

il n’y a pas des maison

il n’y a pas le stade helene-boucher

il n’y a pas des chats

il n’y a pas des chiens

(Nathan, sur la carte de Lola)

 

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Je vois des formes carre et quand je me rapproche je distingue le self le bâtiment segpa et le gymnase et aussi le parking et longue forme rectangle qui semble être un haie et une forme ronde qui ressemble a un rond point

Il manque le hangar a vélos et aussi le plateau ou il y a les panier de baskets et des buts de hand-ball, l’école du Grand Clos

et aussi les arbres et des bancs.
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Je vois des rectangles, un rond, un bonhomme mais quand je me rapproche il y a un rond – point, un parking avec une place handicapés, une boulangerie, un collège qui s’appelle Jean-Macé, un passage piéton, des routes qui vont dans plusieurs endroits.

Il manque : sur la carte une école qui s’appelle le Grand Clos Géant et Baboo qui sont des magasins , un Tabac et la forêt derrière, des maisons, un lycée, une école qui est à l’Est du tabac et de l’autre côté il y a une pharmacie avec des bâtiments en face.
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D’en haut je peux voir du blanc et du noir, des lignes, des ronds, des carrés, des rectangles.

En me rapprochant je peux apercevoir que les ronds représentent des ronds point qui mènent à plusieurs endroits, le rectangle en bas à droite représente le bar – Tabac, le rectangle au milieu à gauche représente de l’herbe, comme de l’autre côté, je peux voir aussi un arrêt de bus, je vois aussi un parking avec une voiture, et une moto, ensuite les deux petit rectangles en bas à gauche représentent les deux bâtiment du collège, a côté il y a un local a vélo,

Il manque aussi sur cette carte, des personnes, des animaux, des voitures, des motos, des bâtiments, des lotissements de maisons individuel, des routes, des arbres, des vélos, des lampadaires, des grillages, des panneaux comme, céder le passage, stop
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Il y a un collège qui s’appelle : Jean Macé, ce collège est constitué d’un bâtiments segpa et juste à côté il y’a le gymnase la forme u représente le collège et une école primaire qui s’appelle : Le grand-clos.
Au bord du collège et de l’école primaire il y a une route ou tout autour il y’a des arbres qui ont été raser depuis dans le collège il y’a dans la cour un petit blanc au tour du blanc il y’a 2 arbres ensuite, le grand U représente une grande route ou il y’a 2 rond-point ou sur une y’a une petite voiture qui longe une grande rue ou il y’a des maisons et des bâtiments.
Il manque sur cette carte un bureau de tabac, une boulangerie, un parking, un lycée, une station d’essence, une église, une forêt, un stade de foot, d’autres appartements, d’autres maisons, un autre collège qui s’appelle Sainte Marie un peu plus loin des magasins qui suivent une grande route et il y a un cinéma, un fast food. De l’autre côté il y’a chaque année il y a une fête foraine qui s’appelle Luna-park, il y’a aussi une piscine des bus qui passent des deux sens toutes les 15 minutes a peu près ensuite ces tub peuvent nous déposer en villes ou ils se trouvent plusieurs magasins comme par exemple les Champs il y’a encore un autre collège qui s’appelle le Braz en montant la pente il y a la gare de Saint-Brieuc.

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Il y a un carré, je me rapproche et je vois un petit cercle à gauche du carré, puis un rectangle collé au carré.
Je me rapproche encore et je distingue que dans le carré il y plein de petits rectangles qui semblent être des bâtiments, puis le cercle que j’ai vu qui semble être un rond-point, le rectangle que j’ai vu qui semble être un parking.

Le lotissement à gauche du rond-point est manquant, il y a aussi l’école qui manque derrière le terrain du collège,
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Il y a des carrés des ronds des traits des croix plein de petits carrés mais qui représentent des maisons des bâtiments un collège des ronds point des routes de la verdure des places de parking c’est le collège jean Macé avec ses places de parking à l’entrée du portail des profs mais je vois aussi le rond-point à côté de la barrière qui mène jusqu’au portail des élèves mais aussi l’intersection de plusieurs routes qui mènent je ne sais où.
Il manque des arbres, des fleurs ,des gens, mais aussi des parcs a vélo,  des buissons ,des animaux ,des chats et chiens des voitures, d’autre maison, des bâtiments ,des boutiques , des garages , des commerces ,des stades de foot, des complexes sportifs ,des lycées ,des universités ,des maison, des maison retraite, des églises ,des cathédrale, des bar tabac ,des bus, des arrêts de bus ,des voitures ,des gens en vélos ,des lampadaires mais aussi des caserne de pompiers, des commissariats , des bibliothèques , des lotissements, des panneau stop, cédez le passage…

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De loin je vois des carrés certains carrés sont plus grands que d’autres, des rectangles des traits des ronds je me rapproche et sur certains bâtiments, des commerces surement les traits ressemblent à des routes les ronds à des ronds-points les carrés à des maisons je vois un endroit qui ressemble à un collège un bâtiment avec une croix, probablement une église des immeubles je me rapproche encore les commerces ont des noms : Géant un centre commercial, Babou, le collège s’appelle Jean Macé les carrés plus grands sont des petits commerces : une boulangerie, une pharmacie, je vois plusieurs parkings un a côté du collège et un autre à côté de Géant

Il manque des arbres, des personnes, des voitures, des places de parking, des parcs, des routes, des chemins, des lampadaires, un garage, des panneaux de signalisation, des noms de rue, ma maison, mon chat qui mange une souris, la souris qui essaye de s’enfuir, mon pommier quelqu’un qui vole mes pommes, les gravillons de mon chemin, il manque une école primaire, les enfants qui jouent au foot et se tapent quand ils perdent,
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Il y a :
– plusieurs ronds
– quelques carrés
– un triangle avec des traits
– de longs traits parallèles
– des quadrillages
– de longs ovales
– des sortes de petits nuages
– des traits

En me rapprochant, je vois :
– plusieurs ronds-points
– des parkings (des professeurs et des élèves)
– des zones avec de l’herbe
– des routes
– des places de parkings
– des batiments (des maisons, le gymnase, l’administration, le batiment de cours)
– des arbres
– des buissons
– des grillages qui délimitent les espaces
– un arrêt de bus

Il manque :
– le nom des rues
– de nombreuses maisons
– un rond-point entre les deux autres
– de nombreuses rues (celles de certains ronds-points et celle qui longe le collège)
– une échelle exacte
– certains lampadaires
– tous les panneaux(stop, cédez le passage,…)
– plusieurs arbres
– plusieurs buissons
– des voitures
– les gens qui se promènent
– les vélos dans le parc à vélos
– des fleurs
– des gravillons
– des trottoirs
– des jardins
– des bancs
– les passages piétons
– …
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J’observe un amas de formes diverses, carrés, rectangles, cercles, des traits, des parties grisées… Puis, lorsque je comprends que c’est une carte : Je vois le collège Jean Macé, représenté de façon très souillonne, sans détails, à la mauvaise échelle, et mal dessiné !! Je peux quand même deviner des passages piétons, de l’herbe (en grisée), grâce à la légende, des ronds-points, sûrement un parking, des bâtiments, plutôt grands, censés représenter le bâtiment où l’on a cours, un arrêt de bus, un parc à vélo, grillagé, un sentier pleins de petits cailloux, des petits poteau en métal (certainement), des « panneaux en bois », par déduction des escaliers, de l’herbe, des trottoirs, et c’est tout !!

Mais, je ne vois pas de voitures, de magasins tels que :le commissariat, a CAF, géant, babou, la boulangerie (la fournée des villages), les arrêts de bus, la MSA, le lycée Marie-Balavenne, le lycée Jean-moulin, le lycée Fressinet, le gymnase de Jean Mace, le stade Hélène boucher, le plateau, où nous passons nos récrés le midi après avoir fini de manger, les supermarchés comme le Leclerc de Ploufragan, celui de Plérin, l’espace qui est en ville, où se trouve les champs, le magasin de vêtements Jennifer, ou Petit Bateau, Celio, Esprit, Bd west qui est un magasin de livres et de jeux en tous genres, ou encore Cache-Cache, Bonobo, Patrick breal, numéro 9, intersport, sport 2000, king jouet, GIFI, maxi toys, qui sont tous des magasins de jouets, de vêtements, ou de chaussures, de vêtements de sport, ma maison, mon jardin, celui où il y a mes chèvres, et celui où il y a des poules, mon ancienne école, les maisons de mes amis, les bancs, les arbres, les fleurs, les passants, les voitures, les vélos, la gare, le cabinet de dentiste, ou d’orthodontiste, etc…
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De cette vue, c’est un labyrinthe de traits qui s’entremêlent entres eux, des rectangles, qui représentent des bâtiments plus ou moins grands. Des ronds noirs à côté des traits. En zoomant un peu on voit des arbres qui remplacent les gros ronds noirs tout moches les traits qui laissent apparaitre des routes et les rectangles, des bâtiments, les champs, Leclerc, le ciné.
Il manque de l’herbe, le terrain de foot, des tribunes, une boulangerie, un gymnase, la piscine, des lampadaires, des oiseaux sur les arbres, des chats qui mangent des oiseaux, des gens qui tombent de vélos et qui pleurent, des bureaux de tabac avec des gens qui regardent le foot en disant « ALLEZ LE PSG !!!!! » des gens qui achètent leur pain, le postier qui livre le journal, les gens qui font des barbecues, d’autres qui fument leurs clopes en pyjama à 15 heures, des chiens qui courent après des enfants qui ont peur et qui crient « AHAHAHAHAHAHAHAHAHAH », des gens qui se marient, d’autres qui se séparent, un chewing gum collé sous un banc. Il manque ma maison, mon chat, mon triceraptor en lego, mon lave-vaisselle, mon canapé, ma télé écran 3D avec lumière ambiante. Non je rigole c’est ma petite télé des annes 80


Il y a un une carte vue d’ici des traits qui représentent des routes qui se croisent des ronds qui montre des rond points plusieurs carrés et triangle qui représente des maisons et des commerces un plus grand rond montrant le collège un rectangle qui montre le cinéma .

Il manque les vraie route des maison des zones remplie de blanc des routes non finie il manque des arbres des noms de bâtiments il manque tous les panneaux il manque des trottoir il manque de l’herbe des gens des voitures des bancs la gare. (Enzo sur la carte de Dylan)
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#il n’y a pas de ville nouvelle

shendo#il n’y a pas de ville nouvelle

Il y a ma carte intérieure qui, on l’a dit, croise et remixe le vu (dehors) et le lu (de la carte). Il y a aussi mon impression de la ville, ce décor, cette vue d’elle, qui se monte, en moi, au fur et à mesure des trajets.
Cette image, composite, se constitue elle aussi peu à peu, en mode papiers recollés, comme quand on décolle la tapisserie d’un très vieil appartement, mais : à l’envers.
Et puis il y a les affleurements , éclats remontés pour éclater soudainement à la surface de ma mémoire (shrapnel, bulles d’air). Ce vieux shendo, signature en tag rebondi, vite craché sur le granit d’un mur du centre ancien, qui me flashe, littéralement, une après-midi de décembre, est aussi un motif révélé d’un dessous, reliquat d’un vieux lé oublié, soudain plaqué en surimpression sur le mur-maintenant.
Je revois le petit parc en contrebas de l’église du vieux Sainte-Etienne, où nous trainions, un temps durant, avec des kids plus jeunes que nous (demeurés donc des gamins turbulents dans ma mémoire, quand peut-être ils sont sur le point de racheter les dernières années de crédit du pavillon, quelque part dans le Doubs, ou de changer d’agence, bancaire ou d’intérim, pour prendre la direction de celle de Cesson-Sévigné). C’est la plus frappante des réminiscences, que celle du tag shendo. Mais, même en mode mineur, elles pullulent, les réminiscences, elles composent. Cette image-de-la-ville qui m’est propre, se compose, pas à pas, d’agrégats d’impressions glanées au fil des marches, dont les premières impressions (la mer en moins, le vieux manège, la galerie commerçante aveugle) demeurent les noyaux atomiques.
Au fil des itinéraires, reviennent : Quimper (ville bretonne de taille moyenne, pluvieuse, en pente, on voit), Vendôme (rien à voir mais j’ai, là comme nulle part ailleurs, connu cette sensation du seul, d’être le dernier vivant passé 19h l’hiver, cet espace-temps du représentant de commerce : dinant seul dans un restaurant chinois vide), et même Poitiers (parce que j’y ai dernièrement marché seul le soir d’hiver en rues piétonnes, cherchant mon chemin, et une courbure, une tangente, m’a semblé pareille).
De là à affirmer que mon Saint-Brieuc intérieur composite ferait son miel de Romorantin ou de Bourg-en-Bresse, il n’y a pas si loin – sauf que, n’exagérons rien, je n’y ai rien revu apparaître de La Roche-sur-Yon, de Nevers, de Laval.
Saint-Brieuc se fonde en mieux comme autre, inédite. Mais ni vraiment ancienne, ni moins encore nouvelle. Non, passé un temps, assurément, il n’y a pas de ville nouvelle.

proposition 3 : où mon paysage se fait fiction

Nous partons en promenade, ce matin. Munis d’un appareil photo, marche par temps clair dans les environs de la Citrouille, jusqu’au Bois Boissel. Chacun choisit une vue et la prend en photo. Ces photos sont déposées dans la bibliothèque du blog.

La consigne d’écriture est la suivante. sous la photo qu’il a choisie, chacun poursuit cette phrase, dont je fournis/impose le début : « Ici, un jour, quelqu’un ». Cinq fois.

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Ici, un jour, quelqu’un (…)

Ici, un jour, quelqu’un (…)

Ici, un jour, quelqu’un (…)

Ici, un jour, quelqu’un (…)

Ici, un jour, quelqu’un (…)

La consigne et les textes sont à lire ici.

 

Ma photo, ma vision

Texte de fiction

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Ici, un jour, quelqu’un s’est présenté devant ce panneau et a hésité à rentrer dans le Bois Boissel, il a tellement hésité qu’il a fait demi-tour chez lui.

Ici, un jour, quelqu’un est tombé sur ces panneaux. Par curiosité il s’est engagé en direction de la plaine d’aventure du Bois Boissel. Au fur et à mesure de son avancée dans le bois, cette personne avait une multitude d’idées pour dynamiser cet endroit. Il s’assit sur l’un des nombreux bancs de la plaine, prit son cahier de brouillon qu’il avait toujours sur lui et ce mit à rédiger l’ensemble des idées pour faire de ce lieu, un lieu courtisé par les gens du quartier, de la ville, de l’agglomération. Après avoir rédigé toutes ces idées, il prit la direction de l’hôtel de ville pour exprimer ses idées à la municipalité.

Ici, un jour, quelqu’un est venu jouer à la pétanque car il avait remarqué que tous les jours, plusieurs personnes venaient y jouer. Ce jour là pas de place pour lui alors il a regardé les autres jouer et il a discuté avec eux. Le lendemain il est revenu jouer avec eux pour passer un moment convivial.

Ici, un jour, quelqu’un a donné rendez-vous à sa famille pour passer une après midi festive autour de jeux et d’un barbecue qui sont à disposition des personnes au Bois Boissel. Ce moment de famille festif s’est déroulé sous une météo radieuse. L’organisation de cette personne a permis à beaucoup de personnes de cette famille de découvrir cet endroit.

Ici, un jour, quelqu’un s’est interrogé sur les bienfaits de la nature et de l’importance d’avoir des lieux de verdure au sein même d’une ville. Pour alimenter ses recherches, cette personne s’est installée sur une chaise sur le parking et a interpelé toutes les personnes qui passaient devant lui. Il a rencontré des lycéens, des gens du quartier, des étudiants d’Askoria, des habitants. Avec l’ensemble des recherches il mit en place une exposition qu’il installa sur l’ensemble des entrées du Bois.

 

 

ce que j’ai entendu sur le bois Boissel

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Ici, un jour, quelqu’un et sa famille ont fait un barbecue

Ici, un jour, quelqu’un s’est battu à mort à cause d’un trafic.

Ici, un jour, quelqu’un a fait du scooter dans le grand bois.

Ici, un jour, quelqu’un a trouvé une pièce de 1€ .

Ici, un jour, quelqu’un a trouvé des clés de voiture morte.

Ici, un jour, quelqu’un s’est caché sous un arabe  à cause d’une tornade d’Africain et d’Asiatique.

Ici, un jour, quelqu’un à combattu le Terminator  avec des sabres laser et avec James Bond

Ici, un jour, quelqu’un s’est fait décapiter par Annabelle et Tcheki.

 

 

 

 

erdal 3

Texte de fiction

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Ici, un jour, quelqu’un est passé par la.

Ici, un jour, quelqu’un est tombé de l’arbre.

Ici, un jour, quelqu’un passait par la et il a vu quelqu’un au sol et il a appellé personne il est parti sans rien faire.

Ici, un jour, quelqu’un montait par là et il a vu et il a couru vers lui, il l’a touché mais il ne bougeait pas et il est reparti, il a appelé personne aussi.

Ici, un jour, quelqu’un est venu une nouvelle fois il a vu qu’il est encore au sol cette fois il a appelé l’ambulance et l’ambulance est venue ils ont regardé la personne qui est au sol mais la personne il dormait.

 

Ma vision sur le quartier

Texte de fiction

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Ici, un jour, quelqu’un s’ était brûlé avec de l’acide et du gaz cette personne quand il était en train de brûler a essayé de sortir dehors mais il est tombé dans les escaliers il pissait le sang les pompiers sont intervenus 15 min après c’ était trop tard il était devenu un marshmallow violet .

 

Ici un jour quelqu’un s’ était pris la porte et a voltigé les 8 marches il a eu les os du crâne qui sont rentrés dans son cerveau 5 mois après on lui a annoncé qu’il va mourir dans deux mois le pauvre il s’est suicidé .

 

Ici un jour quelqu’un a fait le racaille et une bande  de mafieux l’a amené dans ce bâtiment on l’a attaché dans les barreaux de l’escalier et on lui a retiré toute ses dents et on lui a rasé ses cheveux après les personnes se sont barrées et 1 jour après les pompiers sont intervenus et  ils l ‘ont amené dans un hôpital psychiatrique .

 

Ici un jour quelqu’un a sauté de la fenêtre est tombé sur la pare-brise d’une vieille. La vieille a foncé sur des policiers patrouilleurs et a écrasé une biquette enragée et foncé dans le bâtiment les pompiers qui sont intervenus 2 h après c’était une scène remplie de ketchup.

 

Ici un jour quelqu’un qui était un innocent facteur est rentré dans ce bâtiment et une bande d’hommes bourrés l’ont croisé et ont pris une hache et ils lui ont fait bouffer ses doigts et lui ont ouvert le crâne pour manger son cerveau le facteur savait pas qu’ils avaient faim les hommes bourrés ont mis fin aux jours du facteur les pompiers affolés ont envoyé les homme bourrés au commissariat .

Ersan                                                                                                          -18

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Ici, un jour, quelqu’un a cru découvrir un ancien chemin creux, vestige d’avant la poussée urbaine

Ici, un jour, quelqu’un a pris une bouffée d’air très frais en faisant une grande balade

Ici, un jour, quelqu’un a eu peur car un grand chien barrait le passage et n’avait pas l’air décidé à le laisser passer

Ici, un jour, quelqu’un s’est assis et a regardé les primevères dans le talus, se demandant, s’il y avait eu des jonquilles, s’il se serait autorisé à en cueillir un bouquet

Ici, un jour, quelqu’un a chanté

#Enrichie mais pas trop (un plan pas tout à fait plan)

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Ici je suis drôlement orienté – comme dos à la mer, ainsi que je l’ai déjà évoqué, ou plutôt scrutant une béance, me noyant l’œil dans la mer absente, et de surcroît mené, au fil de mes déplacements dans l’espace urbain, par une construction en palimpseste : chaque itinéraire, même minimalement varié par rapport à celui de la veille ou du mois précédent, vient recouvrir le précédent ; et les vues mentales s’agrègent et se mixent pour constituer une sensation géographique revue.
Revue, mais pas tout à fait neuve. Une carte mentale, qui se voit ainsi autant tronquée qu’enrichie ; une reconfiguration non de la carte (la carte, elle existe, elle est dans la poche ou sur google, elle est tracée fixe on le sait, on le sait que le dessin demeure, c’est moi qui bouge, on le sait bien), mais de mon idée de la carte.
Une révision par boutures.
Une carte mentale enrichie pas mes pas – enrichie mais pas trop, par absence de rigueur, par absence de méthode : un Saint-Brieuc plus tout à fait plan, mais loin encore d’une modélisation en 3D.
Une version en 2D et demi, en somme.

C’est géant ici

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« Nous choisissons nos objets et nos lieux de mémoire ou plutôt l’air du temps décide de ce dont il vaut la peine qu’on se souvienne. Les écrivains, les artistes, les cinéastes participent de l’élaboration de cette mémoire. Les hypermarchés, fréquentés grosso modo cinquante fois l’an par la majorité des gens depuis une quarantaine d’années en France, commencent seulement à figurer parmi les lieux dignes de représentation. Or, quand je regarde derrière moi, je me rends compte qu’à chaque période de ma vie sont associées des images de grandes surfaces commerciales, avec des scènes, des rencontres, des gens.
(…)
Les super et hypermarchés ne sont pas réductibles à leur usage d’économie domestique, à la « corvée des courses ». Ils suscitent des pensées, fixent en souvenir des sensations et des émotions. On pourrait certainement écrire des récits de vie au travers des grandes surfaces commerciales fréquentées. Elles font partie du paysage d’enfance de tous ceux qui ont moins de cinquante ans.»
(Annie Ernaux, Regarde les lumières mon amour, éditions du Seuil, coll. Raconter la vie, mars 2014.)

Comme elle a raison, Annie Ernaux, dans ce texte issu de son excellent récit, paru dans la collection « Raconter la vie » (dirigée par Pierre Rosanvallon, au Seuil), exploration de son hypermarché d’usage, exploration endotique, donc, plus qu’exotique, exploration de l’infra-ordinaire cher à Perec. Comme elle a raison de nommer le lieu, et de nommer ce besoin de le nommer, ce lieu. L’hyper. La galerie. Le Géant, le Carrefour, l’Inter, comme il y eut des Rallye, des Mammouth, des Comod.
C’est ce qui me guide, dans cette collecte d’impressions et de témoignages : me tenir là, au cœur de cette galerie marchande (et parfois peu marchande, ou de moins en moins marchande, selon l’impression qu’elle peut laisser, d’enseignes pour partie closes : impression pour moi d’une forme d’indécision entre vestiges et futur : de ces enseignes, on ne parvient pas, à l’œil, à réellement saisir leur caractère : sont-elles fermées, ou pas encore ouvertes ?), me tenir là et ouvrir l’œil, et l’oreille. Me faire le scribe de leur histoire de ce lieu si souvent in-nommé. Les témoignages suivent, en work in progress, et seront ajoutés au long de cette page – on en ouvrira d’autres au gré des formes et motifs de la matière amassée – et de son volume.

Le manège

Elles sont deux, deux amies différentes et pareilles, comme sœurs un peu, ainsi qu’en donnent l’impression les jeunes filles à cet âge.

La première fois qu’elles sont venues ici, chacune, c’était pour faire un tour de manège, un manège plein de couleurs, là-bas au fond de la galerie. Elles ne venaient pas régulièrement, elles n’habitent pas ici, elles sont lycéennes à côté, à Freyssinet. Est-ce que ça a changé, depuis, elles ne savent pas trop : Il y avait plutôt moins de magasins, à l’époque. Il n’y avait pas l’institut de beauté Beauty success, à l’époque, mais sinon. Le manège, oui, a disparu.

Maintenant, elles viennent ici pour manger. Chaque midi, elles achètent un sandwich, plutôt que de manger au réfectoire du lycée. Et elles mangent à côté du manège, de l’ancien manège disparu. A côté de Baboo.
Ils s’installent à quelques-uns, assis par terre. Chaque midi.

Créer le besoin

La première fois qu’il est venu ici c’était pour un rendez-vous avec l’agent immobilier qui lui vendait le fonds de commerce.
Ça lui a plu. Mais il ne regardait que le chiffre, le magasin en lui-même. Le commerce est ouvert depuis l’origine, il a repris un bail, d’un commerce ouvert depuis quarante ans.

Il mange sur place, dans sa boutique. Mais il ne fait pas ses courses ici, parce que sa femme travaille dans un autre hypermarché, ailleurs.

Aujourd’hui il ne s’inquiète plus du sort de la galerie. Sa clientèle n’est que pour une petite part la clientèle de l’hypermarché. Il travaille beaucoup avec des fonctionnaires, des gens qui passent. Il trouve qu’il y a des loyers exorbitants, des différences de 30% entre certains loyers : le problème, c’est que la galerie est partagée entre plusieurs propriétaires, ce qui selon lui complique tout. La clientèle aussi a beaucoup changé, elle est plus tristounette, depuis trois ou quatre ans ; l’hypermarché a repris du chiffre, en faisant un effort sur les prix.

Il n’y a même plus un distributeur de billets, et les magasins ont fermé les uns après les autres ; le magasin de chaussures, la presse, qui passait encore 450 clients par jour, la boulangerie, la pizza – toutes ces fermetures ont fait perdre au moins 1200 clients par jour aux commerces de la galerie.

Un commerce, ajoute-t-il, qui pour demeurer, doit créer le besoin, ne pourra jamais vivre.

Les heures perdues

Quand elle était petite, elle a connu l’ouverture du Mammouth. Ça c’était une affaire. Ses parents tenaient une ferme. Ici, elle venait souvent : les fournitures scolaires, tous ces besoins-là, c’était ici, c’était Mammouth. Comme ils étaient cinq à la maison, ils venaient bien une fois la semaine.

Ensuite elle a fait son lycée à côté, à Jean-Moulin. Quand elles avaient quelques minutes, avec les copines, elles venaient trainer un peu au magasin, acheter des bonbons, des choses comme ça.Et puis il y avait le bowling, à cette époque. Il était là où est Baboo, maintenant, un truc comme ça… elle se rappelle du bowling. Ça bougeait. Elle en garde un bon souvenir, de tout cela, du bowling, des heures perdues qu’elles venaient passer là.

A cette époque-là bien sûr, on regardait les prix, mais c’était quand même moins dur. C’était un autre temps.

Les journaux

La première fois qu’il est venu, c’était en 2005, c’était pour le déménagement de sa fille, qui partait de Bruxelles pour venir habiter dans le quartier, il est venu ici acheter de quoi faire un casse-croûte, du pain, de la charcuterie, pour les déménageurs. Il était bien content de le trouver. Il faisait assez beau, il ne pleuvait pas, ce jour-là.

Il vit ici depuis 2013. Il habitait jusqu’alors à Bergerac, Dordogne, une journée de route à chaque fois, et commençait à peiner. Sa fille lui a proposé de lui faire faire un appartement dans sa maison. Il habite à côté du lycée Freyssinet, depuis.

Son épouse c’est le mardi, lui il vient tous les matins ou presque, acheter le pain et les journaux. Ce matin il a pris Le Télégramme, Aujourd’hui et Télérama. Le lendemain, jeudi, il prendra Le Télégramme, Aujourd’hui et Le Nouvel obs. Il vient tous les matins, prendre au moins deux journaux au rayon presse du Géant. Il y avait une boutique de presse avant, dans la galerie ; il trouve dommage qu’elle n’y soit plus, qu’ils n’aient pas fait d’efforts pour la garder. Le couple de tenanciers, avec qui il s’entendait bien, lui disait avoir des problèmes de loyers. C’est dommage.

Ils achètent la plupart de l’alimentaire ici, avec sa femme. Le coiffeur, c’est pas ici, il va en ville. Il lit beaucoup de livres aussi, dont il achète certains ici, mais aussi beaucoup en ville, ou chez Leclerc, au rayon Culture, car ici ils n’ont pas ça.

 

Préhistoire
La première fois elle s’en souvient, elle s’en souvient très bien, c’était dans les années 70, elle avait trois, quatre ans. C’était la sortie familiale, exceptionnelle, deux ou trois fois l’année pour elle et ses parents, de venir à ce qui s’appelait alors le Mammouth. Ils habitaient à 20 ou 25 kms, c’était le premier hypermarché dans la région, il y avait encore dans son village des commerces et épiciers « tradi ». Comme elle habitait au bord de la RN12, elle arrivait ici, passant par Trémuson, par les anciennes routes, à lacets. Ils arrivaient un peu barbouillés, pas très en forme… et c’était pourtant la grande fête, LA sortie. Elle se souvient, surtout, du grand Mammouth, qui ornait la façade.
Ensuite, commençant à travailler, elle a été commerciale en hypermarché, pendant 7 ans ; il y avait alors encore des Mammouths. Ils ont ensuite été rachetés, par Carrefour pour beaucoup d’entre eux.
C’était un peu la préhistoire, dit-elle. Mammouth. Parce que, Mammouth, ce dessin, mais également, Mammouth, c’était un peu la préhistoire des supermarchés.
Son père travaillait à Saint-Brieuc, sa mère lui disait souvent « Passe par Mammouth, ramène ceci, cela… » Il y avait des choses qu’on ne trouvait qu’ici.
Il y a un objet, très cher, qu’elle rattache à ce lieu. Sans être certaine qu’il vienne d’ici. Mais son père travaillant à Saint-Brieuc, d’où il lui ramena un nounours magnifique, articulé, qui fait encore couic couic, pour un Noël. Sans savoir si le nounours venait d’ici, du Mammouth, elle le relie à ce quartier, car pour elle, Saint-Brieuc, c’était le quartier Ouest : petite fille d’un village où il ne se passait pas grand-chose, d’arriver ici, sans transition, par Trémuson, zone rurale ; puis l’entrée par le Quartier Ouest, le passage devant la CRS13, au bout de la rue, voyant surgir soudain ces immeubles, c’était la ville, la vie, qui lui apparaissait, d’un coup.
Au début, lorsqu’elle est revenue, par hasard, par le biais des changements de postes successifs, elle n’a pas forcément tout de suite conscientisé cela, c’est à travers un travail de mémoire collective du quartier, qu’ont resurgi ces souvenirs, enfouis, qui n’étaient jusqu’alors qu’une vieille histoire. Elle aime toujours passer par Trémuson ; c’est une route historique, pour elle, cette route qu’on ne prend plus, depuis que la nationale s’est ouverte. C’est un ensemble de choses, imprécises, qui la relient à cette partie de sa vie.
Elle a l’impression que c’est resté dans son jus, plein de choses sont restées dans leur jus, dans ce quartier. La galerie, qui n’a pas évolué, restée bloquée à une certaine époque, lui faisant un peu penser aux pays de l’Est – à l’image qu’elle avait des pays de l’Est, avant la chute du Mur. Et en même temps, paradoxalement, elle trouve très agréable de faire ses courses là : ce n’est pas clinquant, c’est peinard, tu n’es pas bassiné, tu entends presque les oiseaux. Et puis tu as du choix, il n’y pas grand monde, tu connais toujours du monde, c’est un peu le bled. C’est assez chouette.

Du catch
Il est venu acheter un bonnet et une paire de gants, ce matin. La première fois qu’il est venu, il avait douze ans, il y avait un ring de catch, se souvient-il, il y avait le champion d’Europe de catch, venu de Grèce, qui se battait contre le géant. C’était l’ouverture de Mammouth.
Sa mère habitait là, il y avait de la gadoue à côté, il y avait l’ancienne décharge.

Goldorak et la poupée qui mangeait des gâteaux
La première fois qu’il est venu, il avait dans les huit-dix ans, dans les années 70 : en GS, depuis Paimpol.
Avec ses parents, tous les quinze jours, ils faisaient leur course dans Saint-Brieuc, à l’opposé d’ici, du côté de la route de Rennes, et venaient manger à la cafétéria – qui lui semble avoir été plus vaste, à l’époque.
Ici, ça a été Mammouth, puis Rallye. Cette époque-là… Il y avait du monde partout alors, on ne pouvait faire un pas sans dire « excusez-moi, pardon ». Du monde, partout. Ils habitent à Saint-Brieuc, mais de l’autre côté. Ils sont venus spécialement, ici, ce matin. Ils ont leurs habitudes, ils viennent souvent le samedi manger en face (au Kebab), ce sont presque des amis, on vous offre le café, les rapports sont super, ça lui rappelle son enfance. Le kebab est le point de chute, le lieu social. Ils préfèrent manger qu’à la cafétéria, il y a des rapports plus simples, plus conviviaux. Ils sont souriants, ont toujours une blague. Il préfère ces rapports-là, ça lui donne l’impression de revenir aux sources, par rapport aux rapports trop abstraits, maintenant. On a perdu cette chaleur-là, de rapports, selon lui.
Elle est née là, a vécu dans son enfance à côté, dans le quartier Saint-Jouan. Elle y a vécu de ses trois à ses dix-sept ans.
Aucun souvenir d’enfance ne lui revient, d’ici. Un objet, oui : une poupée, qui mangeait des gâteaux. On ne la trouvait qu’ici, dans cette grande surface. Elle la voulait absolument, la poupée – qui est toujours d’actualité, a été donnée à des nièces, mais elle la croise toujours.
Lui, se souvient : sa mère à l’époque avait une GS orange. Sortant de la galerie après y avoir fait ses courses, elle ouvre sa GS, avec ses clés : mais c’en était une autre. Une autre GS orange, pareille à la sienne, mais pas la sienne. Un objet ramené d’ici, pour lui : un grand Goldorak, d’au moins 50 cm de haut. Il le voulait parce que c’était son héros, il le lui fallait : c’est ici qu’il l’avait acheté. Il est toujours chez ses parents, dans une malle.
Il trouve dommage que les relations avec les gens aient changé, se perdent. Que la galerie se vide, que les commerces ferment.

séance 2 – ma route avec les mots des autres

Nous nous référons à un exercice déjà fait avec les collégiens de Jean-Macé : Choses vues sur le chemin.

 

1- à chaque participant : ouvrir google maps, y faire la requête du trajet entre le domicile personnel et  la Citrouille.

2 – Proposition d’écrire, « sous forme d’inventaire, la liste des choses vues sur le chemin, durant le trajet domicile Citrouille du matin, d’être le plus complet possible ».  Choses vues sur le chemin

3 – la trentaine de réponses déjà formulées par les collégiens servent de réservoirs : « Composez votre chemin avec les mots des autres, en copiant et collant des fragments notés dans ces autres itinéraires».

Les textes et la proposition sont à lire ici.

La Traversée du quartier

Le grand bâtiment d’associations

Les voitures sur le parkingCapture d’écran 2016-02-09 à 11.48.35

La piste cyclable avec une grande rangée d’arbres.
Les voitures qui roulent sur le boulevard, à côté.

Le rond-point en face avec des palmiers, qu’on voit à peine sous la pluie

un panneau de pub qui change tout le temps,

 

Le grillage du collège Sainte-Marie, avec un arbre au coin du grillage.

Un autre rond point et une voiture qui y circule

des voitures garées le long des pavillons

un carrefour avec un feu, une rue bordée de pavillons, voitures garées indifféremment des deux côtés de la rue

un rond point, à droite la Villa Carmélie, dans l’angle le mur de l’ESPE, à gauche la caserne des pompiers,

le stade Hélène Boucher

un dos d’âne limitant la vitesse

l’école Jean Nicolas

un arrêt de bus

les feux tricolores, les tours de St Jouan, la pharmacie

une grande avenue, des maisons
des immeubles

des gens qui traversent en courant, évitant tant bien que mal les flaques

certains commerces ouverts et d’autres  définitivement fermés

domino’s

des publicités, des passages piétons

le tub qui passe comme tous les jours
les voitures, essuies-glace vitesse rapide

la laverie automatique

le panneau « La Citrouille » au dessus de celui « Plaine d’aventure du Bois Boissel »

La Citrouille

le facteur à vélo sous la pluie

Sur la route

Un parking quasiment vide
des vieux immeubles
de l’herbe
des travaux sur le boulevard
une devanture noire d’un peintre

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un stop
un feu tricolore
une laverie automatique
un bus
des boulangeries
une poste
les voitures qui passent
des immeubles désaffectés
La Citrouille
Un parking
La voiture de la Citrouille
Une maman avec une poussette

erdal 2

Capture d’écran 2016-02-09 à 11.41.26

des voitures

des bâtiments

la route

une école jean nicolas

pharmacie

auto-école

vival

des gens

arrêt de bus

le bus A

le chauffeur de bus

des anciennes maisons

la portail du stade hélène boucher

le stade hélène boucher

ancien pole emploi

une banque

des arbres

de l’herbe

domino’s

un bureau de tabac

coiffeur

cocci market

stokomani

quartier vide

la citrouille

 

Mon itinéraire !!!

 

-Du vent et de la pluie

-Un petit champ

-Les maisons de ma rue presque toutes identiques

-Des voitures

– Le passage piéton

-Ecole Yves Dollo qui est fermée c’est les vacances

-Un cabinet infirmier

-Travaux

-Goudron

-Ecole Saint Joseph qui est fermée c’est les vacances

-Maison de quartier Foyer Michel Fraboulet

-Maison de retraite Kerelys

-Ancienne poste délabrée

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– Panneau d’affichage avec le cirque Medrano et le festival Babel danse de la MJC

– Une église toute mignonne

-Le toit de chaume

-Un rond-point très grand

-Piste cyclable

– Le magasin Géant

– Le bus A et C

– Les feux rouges

-Pharmacie des villages

-Un bar PMU

-Un immeuble

– Une banque

-Stokomani

-Un bureau de tabac ouvert

-L’ancien Lidl

-La poste

-La crèche avec des mamans

– L’arrière du centre social

– La citrouille

– Je descends de ma voiture

 

mon trajet pour venir à la Citrouille.

La maison de ma voisine d’en face et les voitures à côté.

Le grand panneau de pub, avec d’un côté, une pub pour le garage, et de l’autre des pubs qui varient.

Parking,

voitures (Ford, Renault, Peugeot)

Un arbre que je contourne en passant à droite.

domino’s

un portail

une cour

une foule de gens

une cour

Goudron

anciens bâtiments

un arrêt de bus

arbres

des racailles

des sapins

des scoot

des 50

des pavillons

le centre social

des virages

de la végétation

 

 

 

 

le trajet de saint jouan a la citrouille

 

une porte avec serrure

une porte sans serrure juste une poignée

du carrelage orange car c’est vieux

des escaliers faits avec des cubes de carrelage

un ascenseur qui peut aller de 0 a 10 étages

Goudron

des arbres

de l’herbe a coter d l’arbre

une pharmacie surélevée par trois escaliers

un vival

une voiture qui attend LE FEU VERT

un arrêt de bus

le tub ( A )

domino’s avec parking

des gens successivement qui marchent (mamie papi  jeune enfant)

un tas de cailloux

la citrouille

atelier ados à la Citrouille, séance 1

L’atelier est basé sur une présentation de google street view, et d’un questionnement sur l’objet « carte postale  »

Chacun choisit une vue de Saint-Brieuc (prioritairement dans le secteur Ouest) dans google street view.

Je présente ensuite les très beau projet « je pense à toi » de Frank Smith, déjà développé en ateliers ici. Ecrire au verso d’une carte postale, c’est user d’un prétexte (cette image au verso) pour dire « je pense à toi ».

A chacun d’écrire une carte postale, adressée (à une personne non nommée) au dos de l’image trouvée sur street view.

Le premier groupe (le lundi) pâtit d’une connection insuffisante : google street view se charge mal, nous bricolons souvent sans images.

Les images sélectionnées  sont dessous.

Les textes et la consigne sont à lire ici.